Depuis une bonne semaine, les pluies automnales sont arrivées ! chouette pour les futures pousses de champignons et bien sur moins drôle pour la récolte de sel qui s’achève avant même de vraiment commencer !
Cette année ne sera pas à noter dans les annales pour les quantités produites ( en ce qui me concerne puisque apparemment tous les paludiers de France et de Navarre sont contents !!), mais comme vous le savez j’ai la chance de recueillir sur mon marais, un salaire autrement plus précieux : le bonheur affichés des visiteurs devant les beautés du lieu façonné par la nature ( et un peu par moi !)et par la richesse de la faune sauvage .
J’ai aussi l’immense plaisir et fierté de voir mon fils se passionner devant l’extrême beauté de la nature et parfois emprunter mon appareil photo pour immortaliser ce qui lui apparaît, légitimement, comme unique :
Ses premières libellules : leste vert et anax empereur :
Mais j’ai également la chance que des amis, amoureux eux aussi de la nature, m’offrent des photos de leurs rencontres avec les splendeurs animales et végétales de la saline :
quelques unes parmi les nombreuses que l’on me transmet :
de Jean François Briand dit Jeff !:
Alors ,devant tant d’amour, de gentillesse et de passion , pour quoi ne pas croire, l’espace d’un instant, que le monde n’est pas en train de s’écrouler , mais simplement en transition vers plus de respect et d’attention envers notre bien commun .
Je termine cette page en vous montrant trois espèces qui nichent sur le marais mais en zone plus saumâtre et dans la roselière :
la gallinule poule d’eau:
et son jeune :
La foulque macroule:
et les râles d’eau , jeune et adulte , petit joyaux des lieux :
Enfin, avec des hivers de plus en plus doux, certaines espèces d’oiseaux ont une démographie galopante , c’est le cas des hérons garde-bœuf que l’on voyait jadis plutôt en Camargue et qui maintenant animent les prairies bretonnes et de temps à autre les marais :
Voilà le grand jour arrive enfin, nous serons “libres” comme l’oiseau ou presque …
Certes la vie sur la saline n’a pas été bouleversée par la non-présence d’humains ,mais paradoxalement peut être que les prédateurs à poils et à plumes étaient plus tranquilles pour orchestrer leurs forfaits !
En effet les corneilles ont prédaté une dizaines de nids d’avocettes et un nid de petit gravelot , tandis que le renard à “engloutit” plus d’une trentaine de nids d’échasses, d’avocettes et de mouettes !
Un photographe( merci Michel Barberon pour la photo ) qui passait par là, a pu enregistrer le moment ou maître goupil testait pour voir s’il supportait de mettre ses pattes dans l’eau !
Suite à cet événement douloureux pour moi ( et pour les oiseaux bien sur encore plus !) j’ai décidé de renforcer la clôture électrique qui protège la vasière du renard afin de tenter de sauver, au moins, les sternes qui s’installent en très grand nombre sur les îlots .
Et toujours Michel pour la photo :
Alors , lundi si vous passez par la saline, vous verrez un peu moins d’oiseaux au nid ( surtout coté observatoire )mais vous vous consolerez en pensant que notre ami roux a charge de famille , qu’il lui faut bien subvenir aux besoins de sa progéniture et que les oiseaux vont faire des pontes de remplacement .
Sinon le petit gravelot prédaté par la corneille a refait un nid sur la saline , trois familles d’avocettes avec poussins se baladent car ils ont échappé aux crocs aiguisés et deux couples de gravelots à collier interrompu nichent également sur les ponts d’œillet dont une femelle baguée avec des bagues couleurs et un “drapeau”.Cet oiseau est un nicheur rare en France ( 1500 cples ) et son effectif se réduit, c’est pour cette raison qu’il y a un programme de suivi, avec notamment un baguage :
ici la femelle est baguée : FBV/MTWhV ce qui correspond a patte gauche : drapeau bleu et bague verte ( de haut en bas ) et patte droite : bague métal ( on ne peux pas lire le numéro , car il faudrait l’attraper ou être plus proche , mais ce n’est pas essentiel pour l’identification )ensuite bague blanche ( White en anglais )puis bague verte.
Je vais envoyer les infos et ensuite si j’ai un retour je vous dirais ou ce bel oiseau protégé et en raréfaction a été bagué ( a priori pas dans le territoire du parc ) et donc ou est il né . Peut être apprendrons nous aussi qu’il a été vu en Afrique en hivernage …Suspense !
Sinon toujours pas de sel, la pluie s’est invitée ( plus de 100 mm en une semaine ) et je termine de nettoyer les bassins avec mon boutoué (encore merci Michel !) :
Je termine avec quelques petites ravissantes :
La cotule si belles avec ses fleurs jaunes mais si envahissante et même invasive car venant des antipodes ( Australie, nouvelle Zélande !) :
et des “bien de chez nous “! comestibles et que je ramasserais bientôt pour vendre sur les marchés ( ré-ouverts !), la salicorne annuelle :
Il y a bien longtemps que je n’avais pas dit un petit mot , des problèmes informatiques ( mon appareil photo n’est plus reconnu par mon ordi !) et le méchant virus ( pas informatique lui !) ne m’ont pas aidé .
Mais comme la vie animale sur la saline se contrefiche de notre situation ( ou alors s’en réjouie), il se passe des choses merveilleuses que j’étais impatient de vous montrer .
Grace à Elwyn ( qui viens d’avoir un appareil photo , reconnu lui, par l’ordi ), vous allez pouvoir voir quelques images ( faites avant le confinement ) , mais j’ai vraiment hâte que vous veniez voir tout cela de vos propres yeux .
Tout l’hiver a vu un nombre impressionnant de sarcelles d’hiver ( de 100 à 250 )venir fouiller la vase de la saline à la recherche de graines ( surtout de salicornes ) et de vers . Ce sont des oiseaux très craintifs car très chassés ( en dehors du marais salant ) et donc je félicite Elwyn pour “sa prise”:
De nouveaux observatoires ont été réalisés pour que vous aussi vous puissiez, un jour , approcher ces oiseaux si colorés .
Je crains qu’après le confinement ces jolis volatiles ne soient partis du marais salant pour aller en eaux douce se reproduire .
Mais d’autres oiseaux seront là pour vous accueillir:
pour le moment celles qui sont arrivées en masse, pour perpétrer leur espèces, se sont mes adorées avocettes à nuques noires ( ou élégantes ) .Les îlots refaits ” à neufs” semblent fortement les intéresser et actuellement plus de 110 paradent et s’excitent d’autant plus que le soleil réchauffe et le vent souffle peu .
Quelques bécassines de passage observent, mimétiques, les scènes d’amour, peu concernées, qu’elles sont, car ce n’est pas en ces lieux qu’elles élèverons leurs petits mais beaucoup plus au nord .
Parmi ces “belles plumes” s’activent aussi des barges à queues noires ( jusqu’à 300 à marée haute), colverts,tadornes,aigrettes,spatules,quelques échasses arrivées d’Afrique,gambettes, aboyeurs etc …mais mon fiston n’est qu’au tout début de son initiation à la photo naturaliste, donc tout n’est pas en image et il faut “laisser le temps au temps “, d’autant que pour le moment Elwyn est en “cage” !
Par contre , à l’entrée du marais, quand le soleil frappe de jolis reptiles sortent et font le bonheur des observateurs et photographes émerveillés :
Le lézard vert et des murailles “tapant la causette” :
et le lézard vert tout seul :
Mais avant de partir “en confinement” Elwyn a eu aussi envie de m’aider un peu à travailler l’argile du marais salant en vue de préparer la saison prochaine .Car même si je ne vends plus de sel pour le moment sur le marché( dur dur pour la trésorerie !) , il faut espérer que cet été je puisse récolter et vendre mes produits .
Alors bien sur, c’est un peu dur quand on a que 11 ans, mais le tout c’est d’essayer !
Juste avant une prochaine récolte et un déménagement qui va m’empêcher pendant un certain temps de poster des nouvelles de la saline ( car je n’aurais plus d’internet !), je voulais vous faire part aujourd’hui de la naissance des petits gravelots !
Pour ceux qui croient que je radote, et que j’en avais déjà parlé, sachez que ce n’est pas le gravelot à collier interrompu ( dont les petits sont nés sur la saline la semaine dernière ) mais une autre espèce : le petit gravelot !
Celui ci a un collier entier, est de la même taille et pond quatre œufs.
Souvenez vous, le renard avait dévoré ses œufs et il a du faire une seconde couvée, qui a réussi cette fois !
Au début le mâle voulait faire son nid sur mes ponts d’œillets ( comme le gravelot à collier interrompu), car c’est lui qui forme les cuvettes et c’est la femelle qui choisi, mais comme cela risquait d’être problématique avec la récolte qui approchait( je risquait bien malgré moi, d’écraser les œufs ), j’ai mis du sable sur des ponts moins exposés et la femelle a, bien heureusement, décidé d’adopter ce milieu qui lui faisait penser aux rives sablonneuses qu’elle affectionne habituellement .
A l’heure ou j’ai pris les photos, il restait un œuf à couver quelques heures, alors qu’un poussin était encore tout mouillé et réchauffé par un des adultes et deux autres poussins bien vaillants cherchaient déjà leur pitance .
Pour finir, je voulait vous faire admirer les beaux chevaux du centre équestre voisin, qui pâturent, sereinement sous le regard des sternes de la saline …
Immuablement, sur la saline de Sarzeau, après la période de couvaison , la période de naissance suit pour certaines espèces, comme l’avocette .
Ceux qui sont venus ces jours ci sur le marais ont pu se rendre compte que des poussins occupent tout l’espace et nous semblons peu acceptés par les parents qui “braillent ” !
Cependant il faut bien comprendre que le site est anthropique à la base et que le lieu leur convient parce qu’aménagé par l’homme , les oiseaux, à force, vont donc s’habituer à la présence humaine .
J’aime également que l’on comprenne que dans la nature tout est inter-relié et que l’on a trop tendance à cloisonner les espaces ( et les esprits !) , c’est à dire que l’on va mettre l’homme d’un côté et la nature de l’autre .
Pourquoi ne pas envisager que la nature à besoin de l’homme ( puisqu’il est convenu que l’inverse est vrai ! ), pour diversifier les espaces ou les maintenir en équilibre par une exploitation ou utilisation raisonnée .
Des espaces , bien sur, n’ont pas besoin d’interventions ( océans, forêts primaires, …) et dans ceux ci, il faudrait limiter l’ empreinte humaine , mais à moins de réduire drastiquement la population d’hominidés ! pourquoi ne pas envisager de travailler en harmonie avec la nature et de lui montrer que nous sommes aussi une espèce animale faisant partie de la biodiversité et permettant la création d’une variété d’espaces profitables à une variété d’espèces .
A titre d’exemple, il me semble que la saline est représentative, mais cela est pareil pour un agriculteur biologique qui aura des prairies naturelles et des haies séculaires . Si l’agriculteur ne gère plus l’espace, la nature ayant horreur du vide , va le combler pour tendre vers l’équilibre ( le climax ), et avant que le milieux ne soit transformé en forêt, type “primaire “, la biodiversité risque d’être moindre qu’en présence humaine .
Bref, on a tous conscience de l’effet , assez souvent négatif, des activités humaines sur la nature, mais au lieu de se flageller et d’estimer que nous n’avons pas notre place dans la nature ( quitte pour certain à espérer la disparition des hommes ! ou d’extraire de grands espaces de toutes activités humaines et les mettre “sous bulle”, en réserve intégrale ), rapprochons nous d’elle et réintégrons l’homme dans la nature .Faisons corps avec elle , re-marions nous avec elle .
Désolé, je m’emporte !
Je disais donc beaucoup de naissances sur la saline :
des avocettes ( une centaine de jeunes ont vu ou verront le jour )
Des petits gravelots ( qui ont souffert de la pluie et du froid : 2 jeunes morts de froid ! )
A noter que cette année , j’ai dérogé à mon habitude d’attendre que les oiseaux s’habituent à l’homme ( on a tous nos contradictions ! ) et j’ai réalisé un observatoire rudimentaire en roseaux .Accessible à tous il permet, si l’on est calmes , patients et un peu chanceux de voir
de plus près nos emplumés favoris .
Voilà quelques images réalisées uniquement de cet endroit ( plutôt le matin !):
Héron cendré en vol
Colverts mâle et femelle
gallinule poule d’eau
reflet d’échasse ( 20 couveuses sur la saline , mais pas encore de poussins ).
et spatule :
Du coté de la vasière une grosse population de sternes pierregarin s’installe et donne une véritable énergie au marais, du fait de son incessant babillage et son excitation .
C’est un des plus beau cadeau qu’elles puissent me faire car j’étais un peu “orphelin” de celles de St Armel !
Et pour finir en beauté, j’ai trouvé sur mes digues d’argile, lentement colonisée par des herbes pionnières, deux papillons splendides qui signalent par leurs couleurs vives, aux éventuels prédateurs, qu’ils sont toxiques :
Cela est certainement très surprenant, mais le paludier qui se croyait un peu asocial , se trouve mélancolique devant l’absence de présence humaine sur la saline !
Certes la vie animale est venue en grand nombre m’apporter du réconfort , mais elle a beau pratiquer les plus belles danses , entonner les plus beaux chants , ou s’enlacer avec la plus grande tendresse , je reste un peu orphelin de mes amis bipèdes .
Il me manque ces échanges sur le marais avec ceux de mon “espèce”. Ceux qui parviennent, en regardant les trésors de la saline, à faire briller leur regard , de sorte que les étincelles que j’ entrevois dans leurs yeux illuminent les miens en retour .
Alors pour atténuer cette impression de manque et peut être pour transporter certains visiteurs virtuels dans la magie du printemps sur le marais , je vous envoie quelques images …
A marée haute :
Comme vous pouvez peut être le constater, il y a beaucoup d’oiseaux sur le marais , certains migrateurs de passage, comme la spatule toute ébouriffée :
ou en train de passer, comme me l’a fait remarquer mon fils Elwyn, le “détecteur de métaux “, pour attraper en l’occurrence des crevettes menues :
D’autres migrateurs en transit sont tout aussi beaux, telles ces barges à queues noires arrivées dès l’automne et changeant de plumage jusqu’à s’empourprer:
ou ces courlis corlieux, que l’on nomme aussi les avrilleaux, car ils passent souvent en avril :
Mais bien sur un marais salant, n’aurait pas d’âme si mes jolies demoiselles noires et blanches , n’y venaient pas élever leurs petits .
Cette année , on peut dire que les avocettes ne se sentent pas obligées de respecter les gestes “barrières ” car elles se sont regroupées en masse ! près de 160 !
très bruyantes , elles se chamaillent pour profiter, les premières, des petits îlots que j’ai confectionné cet hiver :
Tous les ans j’assiste aux même scènes splendides et peut être suis je un peu redondant et lassant, car je vous relate les mêmes événements , cependant je ne m’en lasse pas et donc j’espère que vous aussi !
Voila donc la parade de l’avocette :
Le mâle tourne autour de la femelle docile en l’aspergeant d’eau pendant de long moment :
puis finalise et termine par un petit bisous :
Lorsque le couple est soudé, il faut trouver un lieu pour construire le nid douillet :
Arrivées un peu plus tard sur le marais ( elles viennent de plus loin : Afrique ), les échasses paradent de façon identique mais sont vraiment les plus gracieuses avec leurs très longues pattes :
et le bisou final est vraiment classe !
Une autre copine à plumes, la mouette rieuse, vient nicher elle aussi et on peut vraiment comprendre l’expression ” se voler dans les plumes ” alors même qu’elles n’ont pas a subir les contraintes du confinement !…
Bon encore une fois , j’espère que vous supportez tous les contraintes actuelles et que ces quelques nouvelles de mon lieu de travail vont vous aider à rêver …
Une dernière chose, toutes les photos et vidéos ont été réalisées des nouveaux observatoires en roseaux que j’avais confectionné pour vous .
Bientôt , le confinement terminé, vous aurez le loisir, si vous le souhaitez, de vous “enfermer” dans ces espaces pour admirer le peuple libre .Peut être les poussins seront ils nés, espérons qu’ils ne soient pas envolés …
Alors qu’en ce moment, l’on ne cesse de parler de particules pathogènes , les oiseaux, eux , sont submergés de substances chimiques tout aussi microscopiques mais avec un effet beaucoup plus positif !
Enfin pour la reproduction ! car l’excitation provoquée par leurs hormones a pour conséquence des attitudes parfois surprenantes !
Aujourd’hui , alors qu’un arrivage massif de sternes pierregarin égaye le ciel , je constate que la reproduction de mes chers volatiles enclenche des scènes parfois belliqueuses :
Entre les individus d’une même espèce, je vous l’ai déjà dit et montré:
mais également inter-espèces , il est fréquent de voir de l’agressivité venant surtout des avocettes ( au bec pourtant bien inoffensif !)envers tout ce qui vit : échasses, poule d’eau, tadorne et …colvert:
d’autres scènes, qui sont censées être romantiques, ressemblent plutôt à des viols, comme ces tadornes ( mais beaucoup d’anatidés ont la même façon de procéder ) :
La femelle tadorne, après l’acte “d’amour” semble vouloir se purifier car elle effectue un long nettoyage .
Mais le plus drôle qu’il m’ait été donné de voir ces derniers temps, c’est le comportement un peu “narcissique” ou “déviant”, à vous de voir, de ce mâle d’avocette .
En effet l’excitation liée aux hormones étant tellement forte qu’il a confondu sur le miroir de l’eau, son reflet avec une partenaire !Je n’ai pas tout filmé, mais seulement la fin d’une parade ( un peu lointaine désolé ) qu’il effectue autour de son image dans l’eau et tente, ensuite vainement, de s’accoupler avec cette partenaire “virtuelle” .Bien évidemment il a du mal à tenir !
Ces scènes sont observées par les très jolies gallinules poules d’eau un peu dubitative :
et par le paludier qui va attendre un peu avant de récolter du sel car la pluie s’est invitée cette nuit , mais tout cela est normal et salutaire après un mois de soleil ininterrompu …
Alors que je suis en attente de l’apparition du sel , je me suis dit que pour symboliser la gravité et la circulation de l’eau dans le marais je pourrais mettre un petit moulin .C’est chose faite !
Et donc je vous le montre grace à cette vidéo, sans montage comme d’habitude !, et donc très imparfait et tente également, de nouveau, de vous montrer le sens de circulation de l’eau :
Vasière puis cobier, ensuite fars , puis Adernes et enfin œillets .
Quand le moulin tourne, cela signifie que l’eau circule et donc que je fais passer de l’eau dans le circuit .Cela veut donc dire que l’eau s’évapore sous l’action du soleil et du vent .Je fais passer autant d’eau dans le marais que d’eau qui s’évapore ( circuit fermé ) .Au bout du compte, comme l’eau s’évapore , elle se concentre en sel et tout au bout du circuit, dans les œillets, le sel apparaîtra !Sauf si la pluie s’invite …et il faudra recommencer …
Actuellement le soleil travaille bien et, j’ai bon espoir qu’après une semaine encore d’évaporation le sel apparaisse dans les derniers bassins ( œillets ).
Pour le moment j’admire les premiers poussins d’avocettes rescapés
Les belles et bruyantes sternes qui couvent ou qui paradent :
La multitude de plantes halophiles ( qui aiment le sel ) et d’autres plus rudérales qui colorent le marais :
Cette nouveauté sur ma saline que je n’arrive pas à identifier ( genre de lamier jaune ) , je compte sur vous pour m’aider !!
bref la nature est fantastique et particulièrement au printemps , bon vent à vous !
Après 9 mois d’absence, j’ai retrouvé la connexion internet ! Depuis mon dernier post de nombreux événements se sont déroulés, j’avais inscrit fin juin 2018 que la récolte était imminente, finalement il a fallut attendre le 14 juillet !Mais ce fut par la suite un beau feu d’artifice de soleil …
Ensuite il n’y a eu que de brèves interruptions à cause de petits épisodes orageux et la récolte à ce jour est estimée à une tonne et demie par œillet, donc 45 tonnes de gros sel !
Cependant la saline encore jeune est capricieuse et ne donne que très peu de fleur de sel !
Mais je suis content de cette deuxième saisons dans mon paradis .
De nombreux visiteurs, cet été, ont parcourus la saline, sans incidents et cela a même conduit à de belles rencontres notamment celle de Théodore Seize qui a réalisé un film avec son drone et m’a autorisé à le partager sur facebook ( les amis de la saline ), voila quelques photos tirées du film :
Après l’été qui s’est prolongé jusqu’en octobre , j’ai noyé la saline pour la préserver de l’érosion et du gel ( quasiment absent cette année !).Sous cette couverture aquatique difficile d’imaginer que des petits talus d’argile réapparaîtrons lors de la vidange de mars .
La saline endormie a été maintes fois réveillée par le concert assourdissant des oiseaux venus en hivernage .
Il y a ceux qui restent dans le golfe, mais à proximité des digues, comme les bernaches, canards siffleurs,canards souchets,canards pilets, courlis, barges …
bernaches cravant
canard siffleur mâle ( repérable de loin à son cri sifflé !)
couple de canards pilets
et ceux qui pénètrent le marais comme les bécassines , chevalier aboyeurs, culblancs , martin, sarcelles d’hivers …
Puis le printemps arrive, les comportements changent avec la montée de certaines hormones .Des parades , des bagarres et des accouplements inaugurent le début de cette période pleine de vie au marais .Des migrateurs se mêlent aux amoureux , le temps d’une escale réparatrice et le paludier heureux de toute cette frénésie se réveille lui aussi …
barges à queues noires et avocettes à nuques noires
La saline est vidée et le dessin des bassins apparaît ,
c’est le début pour moi du pontage et de l’habillage .
Il me faut refaire les ponts ( diguettes d’argile ) qui se sont affaissés durant l’hiver et retirer la vase des fars pour ne laisser que l’argile .
En ce début de saison , je suis comme ces oiseaux revenus de pays lointains , heureux de fouler de nouveau la terre argileuse et rempli d’espoir .
Le marais,les oiseaux, les plantes et moi même vous attendent donc de pied ferme, tout en espérant que vous ne regretterez pas votre visite!