Author: olivier

  • Paludier triste !

    Cela est certainement très surprenant, mais le paludier qui se croyait un peu asocial , se trouve  mélancolique devant l’absence de présence humaine sur la saline !

    Certes la vie animale est venue en grand nombre m’apporter du réconfort , mais elle a beau pratiquer les plus belles danses , entonner les plus beaux chants , ou s’enlacer avec la plus grande tendresse , je reste un peu orphelin de mes amis bipèdes  .

    Il me manque ces échanges sur le marais avec ceux  de mon “espèce”. Ceux qui parviennent, en regardant les trésors de la saline, à faire briller leur regard , de sorte que les  étincelles que j’ entrevois dans leurs yeux  illuminent les miens en retour .

    Alors pour atténuer cette impression de manque et peut être pour transporter certains visiteurs virtuels dans la magie du printemps sur le marais , je vous envoie quelques images …

    A marée haute :

    Comme vous pouvez peut être le constater, il y a beaucoup d’oiseaux sur le marais , certains migrateurs de passage, comme la spatule toute ébouriffée :

    ou en train de passer, comme me l’a fait remarquer mon fils Elwyn, le “détecteur de métaux “, pour attraper en l’occurrence des crevettes menues :

    D’autres migrateurs en transit sont tout aussi beaux, telles ces barges à queues noires arrivées dès l’automne et changeant de plumage jusqu’à s’empourprer:

    ou ces courlis corlieux, que l’on nomme aussi les avrilleaux, car ils passent souvent en avril :

    Mais bien sur un marais salant, n’aurait pas d’âme si mes jolies demoiselles noires et blanches , n’y venaient pas élever leurs petits .

    Cette année , on peut dire que les avocettes  ne se sentent pas obligées de respecter les gestes “barrières ” car elles se sont regroupées  en masse ! près de 160 !

    très bruyantes , elles se chamaillent pour profiter, les premières, des petits îlots que j’ai confectionné cet hiver :

    Tous les ans j’assiste aux même scènes splendides et peut être suis je un peu redondant et lassant, car je vous relate les mêmes événements , cependant je ne m’en lasse pas et donc j’espère que vous aussi !

    Voila donc la parade de l’avocette :

    Le mâle tourne autour de la femelle docile en l’aspergeant d’eau pendant de long moment :

    puis finalise et termine par un petit bisous  :

     

    Lorsque le couple est soudé, il faut trouver un lieu pour construire le nid douillet :

    Arrivées un peu plus tard sur le marais ( elles viennent de plus loin : Afrique ), les échasses paradent de façon identique mais  sont vraiment les plus gracieuses avec leurs très longues pattes  :

     

     

    et le bisou final est vraiment classe !

    Une autre copine à plumes, la mouette rieuse,  vient nicher elle aussi et on peut vraiment comprendre l’expression ” se voler dans les plumes ” alors même qu’elles n’ont pas a subir les contraintes du confinement !…

    Bon encore une fois ,  j’espère que vous supportez tous les contraintes actuelles et que ces quelques nouvelles de mon lieu de travail vont vous aider à rêver …

    Une dernière chose, toutes les photos et vidéos ont été réalisées des nouveaux observatoires en roseaux que j’avais confectionné pour vous .

    Bientôt , le confinement terminé, vous aurez le loisir, si vous le souhaitez, de vous “enfermer” dans ces espaces pour admirer le peuple libre .Peut être les poussins seront ils nés, espérons qu’ils ne soient pas envolés …

     

  • Sacrées hormones !

    Alors qu’en ce moment, l’on ne cesse de parler de particules  pathogènes  , les oiseaux, eux , sont submergés de substances chimiques tout aussi microscopiques mais avec un effet beaucoup plus positif !

    Enfin pour la reproduction ! car l’excitation provoquée par leurs hormones a pour conséquence des attitudes parfois surprenantes !

    Aujourd’hui , alors qu’un arrivage massif de sternes pierregarin égaye le ciel , je constate que la reproduction de mes chers volatiles enclenche des scènes parfois belliqueuses :

    Entre les individus d’une même espèce, je vous l’ai déjà dit et montré:

    mais également inter-espèces ,  il est fréquent de voir de l’agressivité venant surtout des avocettes ( au bec pourtant bien inoffensif !)envers tout ce qui vit : échasses, poule d’eau, tadorne et …colvert:

    d’autres scènes, qui sont censées être romantiques, ressemblent plutôt à des viols, comme ces tadornes ( mais beaucoup d’anatidés ont la même façon de procéder )  :

    La femelle tadorne, après l’acte “d’amour” semble vouloir se purifier car elle effectue un long nettoyage .

    Mais le plus drôle qu’il m’ait été donné de voir ces derniers temps, c’est le comportement un peu “narcissique” ou “déviant”, à vous de voir, de ce mâle d’avocette .

    En effet l’excitation liée aux hormones étant tellement forte qu’il a confondu sur le miroir de l’eau, son reflet avec une partenaire !Je n’ai pas tout filmé, mais seulement la fin d’une parade ( un peu lointaine désolé ) qu’il effectue autour de son image dans l’eau et tente, ensuite vainement, de s’accoupler avec cette partenaire “virtuelle” .Bien évidemment il a du mal à tenir !

    Ces scènes sont observées par les très jolies gallinules poules d’eau un peu dubitative :

    et par le paludier qui va attendre un peu avant de récolter du sel car la pluie s’est invitée cette nuit , mais tout cela est normal et salutaire après un mois de soleil ininterrompu …

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

  • Sel’a fin de saison !

    Depuis une bonne semaine, les pluies automnales sont arrivées ! chouette pour les futures pousses de champignons et bien sur moins drôle pour la récolte  de sel qui s’achève avant même de vraiment commencer !

    Cette année ne sera pas à noter dans les annales pour les quantités produites ( en ce qui me concerne puisque apparemment tous les paludiers de France et de Navarre sont contents !!), mais comme vous le savez j’ai la chance de recueillir sur mon marais,  un salaire autrement plus précieux : le bonheur affichés des visiteurs devant les beautés du lieu façonné par la nature ( et un peu par moi !)et par la richesse de la faune sauvage .

    J’ai aussi l’immense plaisir et fierté  de voir mon fils se passionner devant l’extrême beauté de la nature et parfois emprunter mon appareil photo pour immortaliser ce qui lui apparaît, légitimement, comme unique :

    Ses premières libellules : leste vert et anax empereur :

    Mais j’ai également  la chance que des amis, amoureux eux aussi de la nature, m’offrent des photos de leurs rencontres avec les splendeurs animales et végétales de la saline :

    quelques unes parmi les nombreuses que l’on me transmet :

    de Jean François Briand dit Jeff !:

    Alors ,devant tant d’amour, de gentillesse et de passion , pour quoi ne pas croire, l’espace d’un instant, que le monde n’est pas en train de s’écrouler , mais simplement en transition vers plus de respect et d’attention envers notre bien commun .

    Je termine cette page en vous montrant trois espèces qui nichent sur le marais mais en zone plus saumâtre et dans la roselière :

    la gallinule poule d’eau:

    et son jeune :

    La foulque macroule:

    et les râles d’eau , jeune et adulte , petit joyaux des lieux :

    Enfin, avec des hivers de plus en plus doux, certaines espèces d’oiseaux ont une démographie galopante , c’est le cas des hérons garde-bœuf que l’on voyait jadis plutôt en Camargue et qui maintenant animent les prairies bretonnes et de temps à autre les marais :

    face au château de Truscat

    Kenavo !

     

     

     

  • Faire part de naissance !

    Je vous avais dit que d’ici un jour ou deux et après 26 jours de couvaison, les gravelots à collier interrompus allaient voir le jour .

    C’est chose faite !!

    J’ai ces deux petits films pour montrer leur nid sur les ponts de saline et la façon dont les parents tournent leurs oeufs ou lorsqu’il y a changement d’individus pour la couvaison, car mâle et femelle couvent tour à tour .Malheureusement je n’ai pas filmé les naissances car ma carte mémoire était pleine !!

    Les naissances ont donc eu lieu, la maman et le papa se portent bien et surveillent leurs rejetons qui courent partout sur les digues d’argile . Comme ils sont minuscules ( 4 cm!) et qu’ils sont couleur d’argile, vous avez peu de chance de les voir ( les prédateurs aussi d’ailleurs !).Leur stratégie : si un danger survient ( humain, renard, …), ils se blottissent contre l’argile :

    Mais peut être assisterez vous à un  comportement étrange des adultes si vous vous rapprochez trop de leurs petits trésors : ils vont faire semblant d’être blessé en mimant une aile cassée et tenter de vous éloigner .

    Si tel est le cas, faites attention de ne pas marcher sur les petits ! regardez bien à vos pieds !!

    Autre trésor, sur les fenouils en ce moment l’ont peut admirer les très belles chenilles du Machaon porte queue :

    Leurs belles couleurs vives indiquent qu’elles ne sont pas comestibles, cependant j’en ai trouvé une abîmée, il y a certainement un oiseau qui a tenté de la manger et l’a recrachée car cela avait un mauvais goût !

    Bientôt après la métamorphose, nous pourrons contempler les magnifiques papillons colorés …

  • De retour !!

    Après 9 mois d’absence, j’ai retrouvé la connexion internet  ! Depuis mon dernier post de nombreux événements se sont déroulés, j’avais inscrit fin juin 2018 que la récolte était imminente, finalement il a fallut attendre le 14 juillet !Mais ce fut par la suite  un beau feu d’artifice de soleil …

    Ensuite il n’y a eu que de brèves interruptions à cause de petits épisodes orageux et la récolte à ce jour est estimée à une tonne et demie par œillet, donc 45 tonnes de gros sel !

    Cependant  la saline encore jeune est capricieuse et ne donne que très peu de fleur de sel !

    Mais je suis content de cette deuxième saisons dans mon paradis .

    De nombreux visiteurs, cet été, ont parcourus la saline,  sans incidents et cela  a même conduit à de belles rencontres notamment celle de  Théodore Seize qui a réalisé un film avec son drone et m’a autorisé à le partager sur facebook ( les amis de la saline ), voila quelques photos tirées du film :

    Après l’été qui s’est prolongé jusqu’en octobre , j’ai noyé la saline pour la préserver de l’érosion et du gel ( quasiment absent cette année !).Sous cette couverture aquatique difficile d’imaginer que des petits talus d’argile  réapparaîtrons lors de la vidange de mars .

    La saline endormie a été maintes fois réveillée par le concert assourdissant des oiseaux venus en hivernage .

    Il y a ceux qui restent dans le golfe, mais à proximité des digues, comme les bernaches, canards siffleurs,canards souchets,canards pilets, courlis, barges …

    bernaches cravant

    canard siffleur mâle ( repérable de loin à son cri sifflé !)

    couple de canards pilets

    et ceux qui pénètrent le marais comme les bécassines , chevalier aboyeurs, culblancs , martin, sarcelles d’hivers …

    Puis le printemps arrive, les comportements changent avec la montée de certaines hormones .Des parades , des bagarres  et des accouplements inaugurent le début de cette période pleine de vie au marais .Des migrateurs se mêlent aux amoureux , le temps d’une escale réparatrice et le paludier heureux de toute cette frénésie se réveille lui aussi …

     

    barges à queues noires et avocettes à nuques noires

    La saline est vidée et le dessin des bassins apparaît ,

    c’est le début pour moi du pontage et de l’habillage .

    Il me faut refaire les ponts ( diguettes d’argile ) qui se sont affaissés durant l’hiver et retirer la vase des fars  pour ne laisser que l’argile .

    En ce début de saison , je suis comme ces oiseaux revenus de pays lointains , heureux de fouler de nouveau la terre argileuse et rempli d’espoir .

    Le marais,les oiseaux, les plantes et moi même vous attendent donc de pied ferme,  tout en espérant que vous ne regretterez pas votre visite!

    A bientôt !!

     

  • Saline animée !

    Je m’attendais dans ce site grandiose à voir s’installer une faune très riche , mais cette année ,  seulement 3 ans après la rénovation, je suis subjugué et ravi par la force de résilience de la nature .

    Les micro-organismes en se développant très vite, ont attiré une avifaune variée et nombreuse .

    Imaginez qu’en 2016 aucune échasse blanche ne nichait sur le marais ( qui avait des niveaux d’eau trop fluctuant et une faune benthique réduite )et au moment ou je vous écrit ces mots 56 échasses s’y installent !!

    Cela ne se fait pas sans cris et heurts car se sont des oiseaux particulièrement bruyants, surtout au moment des amours ! les bagarres sont fréquentes , mais avec leurs grandes pattes et leur allure gracile,  cela ressemble à un ballet de danseuses étoiles

    Plus lourds mais pas moins nombreux,  sont les tadornes qui ont également mauvais caractère mais semblent fortement apprécier le marais salant :

    Une cinquantaine d’avocettes leur tient compagnie et couvent leurs œufs depuis au moins 15 jours ( naissances dans moins de dix jours pour la plupart des couples  et une naissance  précoce aujourd’hui de 4 petits ), ce qui est également le cas du petit gravelot,

    par contre les canetons de colverts sont déjà nés et passent très souvent devant l’observatoire en roseaux que j’ai confectionné .

    Pour l’instant deux familles sont visibles et totalisent 23 petits .

    Les linottes mélodieuses , cisticoles, fauvettes grisettes, rousserolles investissent aussi les haies et arbustes des digues .

    Lorsque les conditions climatiques le permettent , je pratique aussi , un peu d’apiculture avec les abeilles de la saline et cette fois je vous montre brièvement le changement de ruche pour une colonie d’abeille mellifère .

    Les abeilles sont parfois , mais en petite quantité, consommées par des reptiles basés au pieds des ruches et sur le sentier d’accès ( sur les troncs d’arbres abattus ), les lézards verts :

    Le mâle a la gorge bleue au printemps,soyez vigilant si vous voulez l’ admirer ainsi qu’un autre lézard fréquentant la saline dans les zones ensoleillées : le lézards des murailles bien connu car vivant près des habitations et auxiliaire des jardiniers .

    Bref , vous comprenez qu’il est impératif que vous veniez constater la richesse du lieu , d’autant que le printemps est éphémère …

     

     

     

  • observatoire en roseaux

    Immuablement, sur la saline de Sarzeau, après la période de couvaison , la période de naissance suit  pour certaines espèces, comme l’avocette  .

    Ceux qui sont venus ces jours ci sur le marais ont pu se rendre compte que des poussins occupent tout l’espace et nous semblons peu acceptés par les parents qui “braillent ”  !

    Cependant il faut bien comprendre que le site est anthropique à la base et que le lieu leur convient parce qu’aménagé par l’homme , les oiseaux, à force, vont donc s’habituer à la présence humaine .

    J’aime également que l’on comprenne que dans la nature tout est inter-relié et que l’on a trop tendance à cloisonner les espaces ( et les esprits !)  , c’est à dire que l’on va mettre l’homme d’un côté et la nature de l’autre .

    Pourquoi ne pas envisager que la nature à besoin de l’homme ( puisqu’il est convenu que l’inverse est vrai ! ), pour diversifier les espaces ou les maintenir en équilibre par une exploitation ou utilisation raisonnée .

    Des espaces , bien sur, n’ont pas besoin d’interventions  ( océans, forêts primaires, …) et dans ceux ci,  il faudrait limiter l’ empreinte humaine , mais à moins de réduire drastiquement la population d’hominidés ! pourquoi ne pas envisager de travailler en harmonie avec la nature et de lui montrer que nous sommes aussi une espèce animale faisant partie de la biodiversité et permettant la création  d’une  variété d’espaces profitables à une variété d’espèces .

    A titre d’exemple, il me semble que la saline est représentative, mais cela est pareil pour un agriculteur biologique qui aura des prairies naturelles et des haies séculaires . Si l’agriculteur ne gère plus l’espace, la nature ayant horreur du vide , va le combler pour tendre vers l’équilibre ( le climax ), et avant que le milieux ne soit transformé en forêt, type “primaire “, la biodiversité risque d’être moindre qu’en présence humaine .

    Bref, on a tous conscience de l’effet , assez souvent négatif, des activités humaines sur la nature, mais au lieu de se flageller et d’estimer que nous n’avons pas notre place dans la nature ( quitte pour certain à espérer la disparition des hommes ! ou d’extraire de grands espaces de toutes activités humaines  et les mettre “sous bulle”, en réserve intégrale  ), rapprochons nous d’elle et réintégrons l’homme dans la nature .Faisons corps avec elle , re-marions nous avec elle .

    Désolé, je m’emporte !

    Je disais donc beaucoup de naissances sur la saline :

    des avocettes ( une centaine de jeunes ont vu ou verront le jour )

    Des petits gravelots ( qui ont souffert de la pluie et du froid : 2 jeunes morts de froid ! )

    A noter que cette année , j’ai dérogé à mon habitude d’attendre que les oiseaux s’habituent à l’homme ( on a tous nos contradictions ! ) et j’ai réalisé un observatoire rudimentaire en roseaux .Accessible à tous il permet,  si l’on est calmes , patients et un peu chanceux de voir

    de plus près nos emplumés favoris .

    Voilà quelques images réalisées uniquement de cet endroit ( plutôt le matin !):

    Héron cendré en vol

    Colverts mâle et femelle

    gallinule poule d’eau

    reflet d’échasse ( 20 couveuses sur la saline , mais pas encore de poussins ).

     

    et spatule :

    Du coté de la vasière une grosse population de sternes pierregarin s’installe et donne une véritable énergie au marais, du fait de son incessant babillage et son  excitation .

    C’est un des plus beau cadeau qu’elles puissent me faire car j’étais un peu “orphelin” de celles de St Armel !

    Et pour finir en beauté, j’ai trouvé sur mes digues d’argile, lentement colonisée par des herbes pionnières, deux papillons splendides qui signalent par leurs couleurs vives,  aux éventuels prédateurs, qu’ils sont toxiques :

    écaille martre

     

    écaille fermière

    A plus  !

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

  • Déconfinement !

    Voilà le grand jour arrive enfin, nous serons “libres” comme l’oiseau ou presque …

    Certes la vie sur la saline n’a pas été bouleversée par la non-présence d’humains ,mais paradoxalement peut être que les prédateurs à poils et à plumes étaient plus tranquilles pour orchestrer leurs forfaits !

    En effet les corneilles ont prédaté une dizaines de nids d’avocettes et un nid de petit gravelot , tandis que le renard à “engloutit” plus d’une trentaine de nids d’échasses, d’avocettes et de mouettes !

    Un photographe( merci Michel Barberon pour la photo ) qui passait par là,  a pu enregistrer le moment ou maître goupil testait pour voir s’il supportait de mettre ses pattes dans l’eau !

    Suite à cet événement douloureux pour moi ( et pour les oiseaux bien sur encore plus !) j’ai décidé de renforcer la clôture électrique qui protège la vasière du renard afin de tenter de sauver, au moins, les sternes qui s’installent en très grand nombre sur les îlots .

    Et toujours Michel pour la photo :

    Alors , lundi si vous passez par la saline, vous verrez un peu moins d’oiseaux au nid ( surtout coté observatoire )mais vous vous consolerez en pensant que notre ami roux a charge de famille , qu’il lui faut bien subvenir aux besoins de sa progéniture et que les oiseaux vont faire des pontes de remplacement .

    Sinon le petit gravelot prédaté par la corneille a refait un nid sur la saline , trois familles d’avocettes avec poussins se baladent car ils ont échappé aux crocs aiguisés et deux couples de gravelots à collier interrompu nichent également sur les ponts d’œillet dont une femelle baguée avec des bagues couleurs et un “drapeau”.Cet oiseau est un nicheur rare en France ( 1500 cples ) et son effectif se réduit, c’est pour cette raison qu’il y a un programme de suivi, avec notamment un baguage :

    ici la femelle est baguée  : FBV/MTWhV ce qui correspond a patte gauche : drapeau bleu et bague verte ( de haut en bas ) et patte droite : bague métal ( on ne peux pas lire le numéro , car il faudrait l’attraper ou être plus proche , mais ce n’est pas essentiel pour l’identification )ensuite bague blanche  ( White en anglais )puis bague verte.

    Je vais envoyer les infos et ensuite si j’ai un retour je vous dirais ou ce bel oiseau protégé et en raréfaction a été bagué ( a priori pas dans le territoire du parc ) et donc ou est il né . Peut être apprendrons nous aussi qu’il a été vu en Afrique en hivernage …Suspense !

    Sinon toujours pas de sel, la pluie s’est invitée ( plus de 100 mm en une semaine ) et je termine de nettoyer les bassins avec mon boutoué (encore  merci Michel !) :

    Je termine avec quelques petites ravissantes :

    La cotule  si belles avec ses  fleurs jaunes mais si envahissante et même invasive car venant des antipodes ( Australie, nouvelle Zélande !) :

    et des “bien de chez nous “! comestibles et que je ramasserais bientôt pour vendre sur les marchés ( ré-ouverts !), la salicorne annuelle :

    A bientôt donc sur le marais

     

     

  • Déluge !!

    En pratiquement 20 ans de saliculture dans le golfe, je n’avais jamais eu à subir une pluie aussi intense , avec un cumul proche d’un mois entier en une nuit et un jour ! 80 mm de pluie équivaux à 80 litre d’eau douce au m2 !

    Comme j’étais sur le point de récolter, précocement certes, je suis d’autant plus rageur ! Retour case départ pour l’évaporation, mais d’abord vidange de toute cette eau douce qui a littéralement noyé la saline et les œillets !

    Je suis d’avantage peiné par les dégâts occasionnés à mes chers protégés à plumes .Si les avocettes n’ont pas trop soufferts car les jeunes étaient déjà bien plumés ( ce qui me permet de dire au passage, qu’au moins 55 jeunes avocettes sont sauvées car pratiquement à l’envol), ce sont surtout les échasses qui ont souffert .Des nids ont été noyés et des jeunes tout justes nés morts de froids .

    Le printemps est dur cet année et le couple de petit gravelot a perdu, également ses 4 petits, à cause du froid , il a refait un nid au même endroit et un autre couple l’a même rejoint !

    Le gravelot à collier interrompu a re-niché, mais cette fois pour me simplifier la tache(!), sur le sentier , ce qui m’a contraint à grillager pour empêcher l’écrasement par des gentils pieds de visiteurs !

    Le grillage qui protège le nid et la femelle :

    et le mâle photographié par un ami  ( Philippe Prigent )

    Depuis quelques semaines une belle population de sternes s’est installée, dénombrant une centaine de nid ! et depuis hier, sous la tempête, trois jeunes sont nés, j’ai décidé de baptiser un des jeunes Miguel !( en référence à la tempête bien sur !)

    Les sternes en “braillant” continuellement attirent d’autre oiseaux et notamment de très belles mouettes mélanocéphales, qui comme leur nom l’indique ont a tête noire, à ne pas confondre avec la mouette rieuse, qui niche sur la saline depuis cette année, et qui a la tête chocolat au lait ( assez foncée quand même !) .Les deux espèces perdent  leur couleur  foncée en dehors de la période de reproduction , il est donc plus dur de les identifier alors !

    Un bon critère est le cri qui est un miaulement chez la mélanocéphale et un rire rauque chez la rieuse .

    mouettes mélanocéphales adultes et derrière des immatures

    mouette rieuse sur son nid

    Je constate également avec ravissement que les crevettes menues ( crevettes inféodées au marais ) commencent à abonder , ce qui a pour heureuse conséquence la venue de nombreuses aigrettes et hérons cendrés, ainsi que plus irrégulièrement de spatules .

    Et pour finir et changer des plumes , j’ai eu une fois de plus la venue d’un ravissant être à poil, un joli brocard, qui a bien énervé les avocettes !

    Salut à tous et à bientôt !

     

  • Renard la suite …!

    Apparemment Maître Renard a beaucoup de succès auprès des bipèdes connectés ( plus de 10 000 vues sur Facebook de son portrait en pleine action, certes parce que relayé par le blog du ” yeti” )et surprise nous avons la cerise sur le gâteau : le film !

    Ces courts extraits, toujours dus à Françoise et André Le Corre , montrent finalement que le goupil va dans l’eau mais semble marcher sur des œufs car il n’apprécie pas l’élément liquide .On voit, ou du moins on entend que les oiseaux sont bien stressés ( certains disaient  d’après la photos qu’ils semblaient calmes, résignés ou fatalistes !) .

    Je profite de la venue de cette star pour vous montrer quelques vidéos et photos de nouveaux nés sur le marais ( eh oui la pluie orageuse me permet de passer un peu de temps à observer et immortaliser ces splendeurs du marais  !)

    Tout d’abord , nouveauté cette année sur la saline, une nichée de mouette rieuse, pourtant habituée  aux milieux d’eaux douces :

    et un des canards les plus coloré et des plus apprécié sur la saline, le tadorne de Belon :

    Autrement, dans la série ” je trouve la saline à mon gout” , j’ai nommé le petit gravelot dont un nouveau couple a emménagé sur la digue ( cela fera 3 couples  cette année !) et m’a conduit, comme pour le gravelot à collier interrompu, a protéger ses œufs des passants par un grillage  .

    Voilà, peut être qu’un jour, j’arriverais à vous montrer une récolte de sel, car je vais finir par passer pour un naturaliste “bobo” qui produit occasionnellement mais nourrit son esprit et son âme par des observations du milieu de production !