Alors que l’hiver fige les eaux pourtant salées de la saline, je vous montre quelques images de ce qui ressemble, ma fois, de plus en plus à un marais salant !
Perché sur un pin, à 20 mètres, j’ai une vue panoramique extraordinaire, malheureusement la technique à du mal à suivre et à vous restituer la splendeur des lieux
Si tout va bien dans deux mois, après avoir recreusé les fars, adernes et œillets, la saline sera précocement terminée et prête a accueillir les rayons de soleil printaniers .
Mais il ne faudrait pas que le gel perdure trop car je perd du temps à casser la glace !!
Après les frimas, la pluie s’invite ce vendredi et me permet, pour cause d’oisiveté passagère, de poster ces petites observations d’ êtres que je chéri .
Ce sont les plus petits canards d’Europe qui sont entre 50 et 250 dans la vasière 2 de la saline .Ce bassin est recouvert de salicornes annuelles, qui en hiver, relarguent quantité de graines dont sont friands ces graciles anatidés .Les sarcelles, car c’est d’elles dont il s’agit, viennent au gagnage principalement la nuit où au crépuscule (à la passée), sauf durant les grands froids ou leurs plus grands besoins de nourriture les poussent à venir se restaurer le jour .
Les mâles sont( sauf en été ) , comme la plupart des canards, beaucoup plus colorés que les femelles, en livrée brune, qui ont besoin de discrétion lors de la couvaison .
Toujours aux aguets et très nerveux, ils communiquent par un délicieux sifflement métallique et peuvent brutalement quitter les lieux s’ils voient un prédateur (ex: busard des roseaux ) ou un danger potentiel .
Les images sont prises d’assez loin pour ne pas les effaroucher et qu’elles n’aillent se jeter dans la gueule du loup (comprenez les chasseurs …).
dans cette autre séquence, on peut voir leur méthode d’alimentation qui consiste à basculer pour atteindre les graines ( ou animalcules) du fond , c’est ce qui différencie les canards de surface, des canards plongeurs ( ex : fuligules ).
Dans quelques semaines ils quitteront la saline pour aller nicher en marais doux au nord de l’Europe et je serais au RDV cet automne pour admirer de nouveau ces petits bolides aériens .
Voila maintenant 8 mois que, petit à petit, je modèle l’argile du marais de Truscat : j’ai monté les “ponts”, “bénné” les fars, les adernes et les oeillets, déplacé l’argile des buttes jusque dans les trous et arrive le moment ou l’eau salée de la vasière va pouvoir emprunter le chemin que je lui ai préparé .
Grace à la légère pente des bassins l’eau va se promener doucement et commencer son évaporation sous l’action combinée du vent et du soleil .
C’est donc parti !
Le temps favorable de ces jours ci , me fait rêver à une récolte très précoce, elle serait bienvenue car je n’ai plus de fleur de sel ( de St Armel )à vendre !!
Néanmoins, la logique voudrait que la récolte s’opère plus tardivement et il serait bien étonnant qu’une petite pluie ne s’invite pas au cours du printemps !
En attendant je ne reste pas les bras croisés car il me reste tout de même à finaliser les fonds et à réaliser le tour des œillets . Le tour d’œillet est une zone surcreusée d’1.5 cm autour des œillets qui permettra une meilleurs évaporation grâce au circuit de convection qui s’opérera .De plus il sera plus aisé de “cueillir” la fleur de sel dans cette partie ensuite .
Comme vous devez vous en douter je suis également aux aguets concernant l’arrivée de mes amis à plumes ! Dans ce cadre idyllique, je suis impatient que la faune s’installe et il faut reconnaitre que ,pour le moment, elle se fait désirer !
Je sais que la nature va reprendre ses droits mais j’aurais plus d’entrain pour terminer mon travail si j’étais accompagné d’autant d’oiseaux qu’à Saint Armel !
Pourtant si je me remémore, justement, ce qui s’est passé à Lasné, les oiseaux ont pris plusieurs années pour adopter le marais .
De plus la nourriture disponible va s’accroitre de façon exponentielle …
Sinon un couple de migrateur s’est posé sur mes digues, ce sont des traquets motteux qui semblaient trouver de nombreux insectes sur l’argile, il n’y feront qu’une courte halte .
Et pour finir, si comme eux, vous voulez passer, vous êtes les bienvenus !!
Après quelques jours d’attente interminable, l’or blanc est enfin arrivé !
L’émotion de la première récolte a été partagée par une trentaine de personnes qui nous suivent sur internet ou qui ont eu vent de la bonne nouvelle par d’autres biais .
Certes la récolte n’est pas abondante et le sel plutôt gris, mais pour une première prise, tout cela est normal et encourageant .
D’ici quelques jours une trentaine de petits tas de sel égaieront la saline de Truscat qui n’avait pas vu cela depuis plus d’un siècle et je remettrais quelques photos du décor !
En attendant et parce que les oiseaux sont toujours dans mon esprit je vous montre quelques poussins qui sont nés cette semaine sur le nouveau marais salant de Truscat .
Tout d’abord les adorables poussins d’échasse :
et leur papa :
puis ceux des splendides tadornes de belon :
Voila, la nature reprend doucement ses droits et je vous invite à venir à petits pas respectueux découvrir ce qui est pour moi, un paradis !
Jour de pluie qui sonne un peu comme une fin de saison, alors un petit article pour ne pas oublier de bons petits moments ensoleillés .
La nouvelle saline de Sarzeau a très rapidement , à ma grande surprise, été découverte par de nombreux visiteurs cet été ! Pas de souci particulier et au contraire de bons échanges avec des personnes avides d’informations et admiratives de la beauté de la nature. En remerciement à notre mère à tous ( la pacha mama !), des œuvres d’arts on été réalisées et je vous propose d’en voir certaines (une toute petite sélection, désolé pour les oubliés, il y en trop ! ) :
Un visiteur ( Sylvain Léa) est également venu et a laissé des images “attrapées” par son moustique géant, cela donne autre chose que de monter, comme je le fais souvent, dans un arbre pour prendre de la hauteur !!
Il y a peu, je vous avais parlé de deux chevaliers de passage sur la saline… un autre de plus grande taille et très bruyant par son cri est arrivé et va rester tout l’hiver : le chevalier aboyeur.
Son cri extrêmement puissant et lancé fréquemment, sans raison apparente, lui a donné son nom.
Le voici derrière un guignette pour que vous remarquiez la différence de taille :
et ensuite seul se mirant dans l’eau :
Un envol brutal de ces limicoles ! Je lève la tête et ce que je soupçonnais se joue : un rapace les a effrayés !
Celui ci passe moins souvent que la buse ou le busard car il ne mange pas de proies qui habituellement sont présentes sur le marais .
En effet la bondrée apivore, et contrairement à ce que sous entend son nom, mange des vespidés – c’est à dire, des guêpes et frelons, ainsi que des vers de terre, les jours de vache maigre.
D’ailleurs en passant sur ma digue j’ai repéré ce qui l’avait attiré par là et les reliefs de son repas :
Je m’arrête là pour aujourd’hui, bien que j’ai encore beaucoup de belles choses à vous conter sur la vie quotidienne de la saline du paradis, mais je le ferai à un autre épisode …
Dès fin juillet des cris stridents retentissent dans le marais et me font tourner la tête, des petites flèches bleues passant au ras de l’eau m’indiquent que mes amis martins sont de retour .
Le couple est tellement bruyant que je parviens à l’ apercevoir furtivement la plupart du temps, sans cet effet sonore il passerait inaperçu !
Cerise sur le gâteau, cette année , ces deux martins pêcheurs semblent très excités, avant l’heure de la saison des amours et se “draguent” sans retenues ! Quel superbe spectacle de ces oiseaux au plumage si chatoyant .
Elle ( car la femelle a le bec un peu plus clair ) semble lui dire : “reviens mon beau mâle, mais avec un poisson, si tu veux mes faveurs ” !
Parfois posés sur une branche, ils s’observent et adoptent une attitude curieuse de hochement , une sorte de révérence envers l’autre ! remarquez, sur cette courte vidéo, derrière le couple, les très nombreux passages d’hirondelles au dessus du marais . En ce moment, il y a beaucoup de naissance d’insectes et les hirondelles ont besoin de prendre des forces avant leur départ pour l’Afrique .
Concernant mes activités, je procède actuellement à l’arrachage des salicornes desséchées qui, depuis leur présence, empêchent que les oiseaux ne viennent sur la vasière numéro 2 .En effet, les hivernants ont besoin d’avoir une vue dégagée pour s’aventurer et afin de voir assez tôt l’arrivée des prédateurs ( faucons pèlerin, busard ,…).
Donc sur une surface de deux hectares, approximativement, je retire lentement à la main les salicornes mortes mais qui ne veulent pas pourrir et qui sont solidement attachées au substrat .
Ensuite , je fais des petits tas que j’évacue avec une vielle planche à voile :
Voilà, à quoi je m’amuse,en ce moment, en attendant des temps plus cléments pour continuer l’aménagement de la saline .Si le cœur vous en dit, vous pouvez postuler pour faire un stage d’arrachage gratuit en ces lieux magiques !!!
Après des marées de vives eaux accompagnées d’un vent de Noroît, la digue de front de mer, à force d’être léchée, a perdu une partie de son argile…
Digue de front de mer abimée par vives eaux
Il était urgent, avant l’hiver de la réparer car autrement tout le travail mécanique et manuel n’aurait servi à rien !!
Donc, malgré les finances réduites, une commande de 14 tonnes de moellons de granit d’Elven est arrivée sur les bords de l’étier bordant la saline.
gros tas de moellon de granite devant la saline
Le problème est que pour acheminer ces pierres de 40 à 50 kg chacune en moyenne, il y a 150 m à parcourir… et l’autre problème est qu’un étier empêche de passer en brouette ! Donc …
Solution : utiliser une barque pour porter les pierres au bon endroit !
barque remplie de moellon de granite
Oups ! Barque un peu trop chargée !!!
Oups !! barque peut être un peu trop chargée !
Après quelques allers et retours contre le courant, un début de réparation. Il reste encore quelques tonnes à mettre en place…
début du pansement de pierre pour la digue de front de mer
Bref, le paludier travaille avec la nature mais celle ci lui fait comprendre, par petites notes délicates, que c’est elle qui commande à la fin !!!…
Le chaussage est un terme utilisé par les paludiers, c’est l’action de remettre en état les œillets et surtout les fonds d’œillet. Il se fait très souvent en équipe sous la conduite d’un “maitre chausseur” ! Comme je suis tout seul, je fais ce que je peux …
Avec ma boyette (pelle), je benne les fonds d’oeillets à fleur d’eau, pour qu’ils soient le plus plats possible. Puis l’argile retirée, est ensuite acheminée grâce à une brouette dans les zones où elle manque (trous, zone trop creuses , pont à charger ).
ho la jolie “nouvelle” brouette !!œillets partiellement bennés
Pour décaisser parfaitement les fonds, le vent doit être nul afin qu’il ne pousse pas l’eau, car c’est elle qui donne le niveau .
Ensuite, quand les fonds seront plats, il faudra les labourer et amigailler l’argile (la répartir). Au printemps, les mottes d’argile se seront ameublies sous l’eau et il sera possible des les aplatir, mais seulement quand le sel apparaitra dans les œillets afin qu’il lie l’argile (comme une colle ). Un jour ou deux après, la récolte de sel peut s’opérer .
Mais avant de vous montrer cela, de nombreuses brouettes pleines d’argile auront été retirées…
Sinon, coté Piafs ! Mes amis sont encore peu nombreux ! Cela est normal, il leur faut un peu de temps pour s’habituer au changement, 5 bécassines s’étaient tout de même arrêtées et semblaient danser de joie devant un si bel espace .
Un drôle d’oiseau vient parfois et tel un condor utilisant les thermiques tournoie au dessus du marais, il ramène dans ses serres des images splendides qui font pardonner sa présence un peu bruyante ( d’autant que ce n’est pas souvent ).
L’animal nous a aimablement largué quelques clichés dans le but de nous en délecter et c’est avec plaisir que nous les partageons !
marais de Truscat photo Christophe charron
L’oiseau vous permet de voir l’avancée des travaux et le dessin des 16 premiers œillets. Les couleurs rouille sont dues à l’oxyde de fer contenu dans l’argile et relargué dans l’eau des bassins.
Avis aux amoureux des marais et des oiseaux, un chantier participatif est organisé samedi 22 octobre de 14h à 18h pour réaliser de petits ilots sur la vasière du marais salant .Des pelles seront disponibles, mais par mesure de prudence ( au cas ou nous serions trop nombreux !), essayer d’apporter les vôtres .
Bien sur les bottes sont conseillées …
Chacun ou chaque famille pourra réaliser un ilot et recevoir ensuite des nouvelles, au printemps, des oiseaux les ayant trouvés à leur gout pour nicher .
Vous pourriez ainsi être le parrain de petits chevaliers gambettes :
petits chevaliers gambette et leur maman
ou de petites échasses :
ou avocette:
peut être de poussins de sterne :
et pourquoi pas de bébés mouettes:
En conclusion, cela vaut vraiment le coup de venir leur bâtir des hôtels 5 étoiles,et au printemps, ils sauront vous remercier en faisant briller vos yeux d’émerveillement !
Ah j’oubliais! un gouter sera offert aux travailleurs, mais bien sur vous pouvez également apporter des douceurs à partager …!