Category: Nouvelles fraîches

  • Flèches bleues du marais

    Dès fin juillet des cris stridents retentissent dans le marais et me font tourner la tête, des petites flèches bleues passant au ras de l’eau m’indiquent que mes amis martins sont de retour .

    Le couple est tellement bruyant que je parviens à l’ apercevoir furtivement la plupart du temps,  sans cet effet sonore il passerait inaperçu !

    Cerise sur le gâteau, cette année , ces deux martins pêcheurs semblent très excités, avant l’heure de la saison des amours et se “draguent” sans retenues  ! Quel superbe spectacle de ces oiseaux au plumage si chatoyant .

    deux martins excitésseptembre 2017 martinsmartin mâle et femelle

     

    Elle ( car la femelle a le bec un peu plus clair ) semble lui dire :  “reviens mon beau mâle,  mais avec un poisson, si tu veux mes faveurs ” !

    MARTIN PËCHEUR AVEC CREVETTE

     

    Parfois posés sur une branche, ils s’observent et adoptent une attitude curieuse de hochement , une sorte de révérence envers l’autre ! remarquez, sur cette courte vidéo,  derrière le couple,  les très nombreux passages d’hirondelles au dessus du marais . En ce moment, il y a beaucoup de naissance d’insectes et les hirondelles ont besoin de prendre des forces avant leur départ pour l’Afrique .

    Concernant mes activités, je procède actuellement  à l’arrachage des salicornes desséchées qui, depuis leur présence, empêchent que les oiseaux ne viennent sur la vasière numéro 2 .En effet, les hivernants ont besoin d’avoir une vue dégagée pour s’aventurer et afin de voir assez tôt l’arrivée des prédateurs ( faucons pèlerin, busard ,…).

    Donc sur une surface de deux hectares, approximativement, je retire lentement à la main les salicornes mortes mais qui ne veulent pas pourrir et qui sont solidement attachées au substrat .

     

    _copie-0_050

    047Ensuite , je fais des petits tas que j’évacue avec une vielle planche à voile :

    003

    Voilà, à quoi je m’amuse,en ce moment, en attendant des temps plus cléments pour continuer l’aménagement de la saline .Si le cœur vous en dit, vous pouvez postuler pour faire un stage d’arrachage gratuit en ces lieux magiques !!!

     

  • Digue blessée

    Après des marées de vives eaux accompagnées d’un vent de Noroît, la digue de front de mer, à force d’être léchée, a perdu une partie de son argile…

    Digue de front de mer abimée par vives eaux
    Digue de front de mer abimée par vives eaux

    Il était urgent, avant l’hiver de la réparer car autrement tout le travail mécanique et manuel n’aurait servi à rien !!

    Donc, malgré les finances réduites, une commande de 14 tonnes de moellons de granit d’Elven est arrivée sur les bords de l’étier bordant la saline.

    gros tas de moellon de granite devant la saline
    gros tas de moellon de granite devant la saline

    Le problème est que pour acheminer ces pierres de 40 à 50 kg chacune en moyenne, il y a 150 m à parcourir… et l’autre problème est qu’un étier empêche de passer en brouette ! Donc …

    Solution : utiliser une barque pour porter les pierres au bon endroit !

    barque remplie de moellon de granite
    barque remplie de moellon de granite

    Oups ! Barque un peu trop chargée !!!

    Oups !! barque peut être un peu trop chargée !
    Oups !! barque peut être un peu trop chargée !

    Après quelques allers et retours contre le courant, un début de réparation. Il reste encore quelques tonnes à mettre en place…

    début du pansement de pierre pour la digue de front de mer
    début du pansement de pierre pour la digue de front de mer

    Bref, le paludier travaille avec la nature mais celle ci lui fait comprendre,  par petites notes  délicates,  que c’est elle qui commande à la fin !!!…

  • Chaussage des œillets

    Le chaussage est un terme utilisé par les paludiers, c’est l’action de remettre en état les œillets et surtout les fonds d’œillet. Il se fait très souvent en équipe sous la conduite d’un “maitre chausseur” ! Comme je suis tout seul, je fais ce que je peux …

    Avec ma boyette (pelle), je benne les fonds d’oeillets à fleur d’eau, pour qu’ils soient le plus plats possible. Puis l’argile retirée, est ensuite acheminée grâce à une brouette dans les zones où elle manque (trous, zone trop creuses , pont à charger ).

    ho la jolie "nouvelle" brouette !!
    ho la jolie “nouvelle” brouette !!
    œillets partiellement bennés
    œillets partiellement bennés

    Pour décaisser parfaitement les fonds, le vent doit être nul afin qu’il ne pousse pas l’eau, car c’est elle qui  donne le niveau .

    Ensuite, quand les fonds seront plats, il faudra les labourer et amigailler l’argile (la répartir). Au printemps, les mottes d’argile se seront ameublies sous l’eau et il sera possible des les aplatir, mais seulement quand le sel apparaitra dans les œillets afin qu’il lie l’argile (comme une colle ). Un jour ou deux après, la récolte de sel peut s’opérer .

    Mais avant de vous montrer cela, de nombreuses brouettes pleines d’argile auront été retirées…

    Sinon, coté Piafs ! Mes amis sont encore peu nombreux ! Cela est normal, il leur faut un peu de temps pour s’habituer au changement,  5 bécassines s’étaient tout de même arrêtées et semblaient danser de joie devant un si bel espace .

    becassine dansant

     

  • Saline vue par un oiseau

    Un drôle d’oiseau vient parfois et tel un condor utilisant les thermiques tournoie au dessus du marais, il ramène dans ses serres des images splendides qui font pardonner sa présence un peu bruyante ( d’autant que ce n’est pas souvent ).

    L’animal nous a aimablement largué quelques clichés dans le but de nous en délecter et c’est avec plaisir que nous les partageons !

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    marais de Truscat photo Christophe charron
    marais de Truscat photo Christophe charron

    photo-charron2

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    L’oiseau vous permet de voir l’avancée des travaux et le dessin des 16 premiers œillets. Les couleurs rouille sont dues à l’oxyde de fer contenu dans l’argile et relargué dans l’eau des bassins.

    Merci Christophe Charon d’Imag’air !

  • Chantier participatif

    Avis aux amoureux des marais et des oiseaux, un chantier participatif est organisé samedi 22 octobre de 14h à 18h pour réaliser de petits ilots sur la vasière du marais salant .Des pelles seront disponibles, mais par mesure de prudence ( au cas ou nous serions trop nombreux !), essayer d’apporter les  vôtres .

    Bien sur les bottes sont conseillées …

    Chacun ou chaque famille pourra réaliser un ilot et recevoir ensuite des nouvelles, au printemps, des oiseaux les ayant trouvés à leur gout pour nicher .

    Vous pourriez ainsi être le parrain de petits chevaliers gambettes :

    petits chevaliers gambette et leur maman
    petits chevaliers gambette et leur maman

    ou de petites échasses :

    echasse-blanche-et-petits-tendresse

    ou avocette:

    avocette-et-petits-grand-angle

    peut être de poussins de  sterne :

    sterne-pierregarin-et-petit-coucher-de-soleil

    et pourquoi pas de bébés mouettes:

    mouette-rieuse-et-ses-trois-petits

    En conclusion, cela vaut vraiment le coup de venir leur bâtir des hôtels 5 étoiles,et au printemps, ils sauront vous remercier en faisant briller vos yeux d’émerveillement !

    Ah j’oubliais! un gouter sera offert aux travailleurs, mais bien sur vous pouvez également apporter des douceurs à partager …!

  • Mes compagnons de labeur

    Depuis plusieurs semaines, j’ai la chance d’avoir pour musique de fond rythmant mon travail,le chant des milliers de bernaches et canards siffleurs .

    Ils s’entendent particulièrement bien quand la mer vient lécher la digue de front de mer qui protège ma saline et je n’ai pas résisté à la tentation de vous offrir une portion de leur prestation  :

    et comme je partage tout avec vous, je vous montre le bennage des œillets à fleur d’eau ( afin d’être le plus horizontal possible )que j’effectue en ce moment.

    Comme je n’utilise aucune machine bruyante, je ne dérange aucunement les artistes et peux profiter pleinement du concert :

     

  • Chantier participatif du samedi 22 octobre 2016

    C’est sous une tempête de ciel bleu que le premier chantier participatif s’est déroulé,   une douzaine d’apprentis paludiers ont ainsi pu découvrir en avant première le site majestueux du marais de Truscat .

    Les boyettes étaient prêtes et fraichement emmanchées pour la circonstance :

    les boyettes

    et elles étaient accompagnées d’un bel instrument fabriqué par un des bénévoles amis (Philippe Scherrer), un kamelengoni, sorte de harpe africaine,  qui s’amusait à jouer toute seule, avec le vent assez sensible,  de ce bel après -midi .

    C’est donc armé de nos pelles de marais que nous avons accédé , un peu difficilement il est vrai, à la vasière afin de réaliser les ilots tant attendus par nos protégés à plumes .

    passage délicat sur une planche "rebondissante" !
    passage délicat sur une planche “rebondissante” !

    La vasière , malheureusement partiellement vidée ( je n’ai pas eu le temps de la vider entièrement, ce qui a compliqué sensiblement les choses !), a été le théâtre d’un jeu de pelle inhabituel .

    Je vous laisse regarder le petit montage vidéo conçu dans la hâte par Philippe mais qui devrait vous donner un aperçu de l’ambiance qui régnait :

    Pour ceux qui se poseraient des questions,  le film montre au début,  un amas de troncs, sans rapport avec le chantier, mais qui va permettre prochainement de confectionner une passerelle pour accéder plus facilement à la saline et un totem en hommage à la nature et où les noms des souscripteurs seront gravés .

    Voila donc,  quelques œuvres admirablement conçues ( même par quelques enfants courageux !), chaque ilots a été identifié et un nom lui a été attribué, ce qui permettra, à ceux qui ont travaillé durement,  de recevoir des nouvelles de leurs locataires, ils deviendront, ainsi , parrains assurément au printemps prochain !

    ilot marmoton

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    Quelques courageux travailleurs de force :

    Arthur et papi réalisant l'ilot: appelé ilot surprise
    Arthur et papi réalisant l’ilot: appelé ilot surprise
    construction de futurs grands parents qui ont nommé leur ilot, ilot marmoton !
    construction de futurs grands parents qui ont nommé leur ilot, ilot marmoton !
    les artistes Morgane et Aourégan créant l'ilot "utopia"
    les artistes Morgane et Aourégan créant l’ilot “utopia”

    Tout cela s’est terminé par un copieux et délicieux gouter réalisé par ma maman et mon papa, merci à eux d’être toujours présents et de me soutenir …

    gouter avec far, roulé au chocolat et boisson chaudes ou froides accompagné de la Kora de phil
    gouter avec far, roulé au chocolat et boisson chaudes ou froides accompagné de la Kora de phil

    Voila! il me reste à remercier chaleureusement tous les amis des oiseaux et de la nature, venus m’aider à rendre la saline encore plus attractive pour l’avifaune du golfe .

     

     

     

  • Le geai d’eau !

    Un petit post pour une observation que je fais, maintenant depuis un bon mois: d’innombrables geais des chênes traversent mon marais du nord au sud et du sud au nord, continuellement,  afin de s’approvisionner en glands .

    Comme cette année, les chênes pédonculés en ont très peu, les oiseaux se rabattent sur les chênes verts abondants sur la presqu’ile de Truscat et pourvus de belles quantité de graines .

    Alors, inlassablement, ces splendides corvidés, aux plumes bleues, font des réserves pour l’hiver et comme ils vont en oublier, ils deviennent de véritables forestiers depuis des générations .Ont leur doit très certainement les beaux peuplement de chênes verts de Truscat .

    geai

    geai transportant des glands
    geai transportant des glands

    Ont peu remarquer sur les photos que le geai ne transporte pas qu’un gland, mais qu’il en cache, comme le hamster,  dans sa “gorge” .

    Tout cela peut paraitre anodin, mais ces oiseaux craintifs et braillards ne sont  que très rarement observés en “pleine eau”, euh à découvert ( habituellement ils passent d’arbre en arbre dans les frondaisons )et ici on les voit risquer leur vie, car si un faucon pèlerin ( très présent dans le coin ) voit leur manège, ils risquent fort de passer un mauvais quart d’heure !

  • Frayeur sur la saline !

    Ne vous inquiétez pas, malgré ce titre racoleur,  rien de grave ne s’est passé ! Simplement des scènes de vie que j’observe quotidiennement et que j’aime partager.

    Aujourd’hui des cris de barges affolées et de superbes envols, ont attiré mon attention et suspendu provisoirement mon travail afin de réaliser quelques clichés sur le vif.

    Je vous montre les images et pendant ce temps, je vous laisse deviner ce qui a occasionné ce dérangement :

    barges-en-vol

    barges affolées

    Quelques instants plus tard, le danger passé, tout le monde se repose le cœur battant !

    120

    Hé oui, c’est un prédateur volant, en occurrence un rapace des zones humides : le busard des roseaux qui a pour technique de chasse d’apeurer les oiseaux et ainsi de sélectionner celui qui est affaibli. C’est un épurateur, les oiseaux le craignent mais au final, il évite la propagation des maladies et donc des épidémies !

    busard-des-roseaux

    Pour se détendre après tant d’émotions, allons voir ceux qui pâturent régulièrement sur le pré jouxtant la saline :

    chevreuils

    Maman, papa et petit chevreuil !

    faon-de-chevreuil

    Longue vie à toi et “fais gaffe ” aux chasseurs !

    Sinon, les travaux de la saline avancent bien et malgré les averses, j’ai fini de benner les œillets et d’évacuer l’argile dans les bassins trop creux :

    tas-dargile

    evacuation-argile-des-oeillets

    Il reste, bien sûr, beaucoup de travail, et avec les conditions climatiques moins favorables, cela ne va pas avancer aussi vite…

    A bientôt !

    012

     

  • La bête noire du marais

    C’est un animal quelque peu mystérieux qui fréquente la saline de Truscat, il n’est que très rarement observé ,  malgré sa forte corpulence .D’ailleurs nous ne soupçonnerions pas sa présence si il ne laissait derrière lui quelques traces remarquables et parfois agaçantes !sanglier à truscat

    Hé oui cet animal grégaire, c’est le sanglier où bête noire ( où rousse ), il vient quasiment toutes les nuits et cherche, en vain, dans l’argile quelques vermisseaux !  le problème pour lui, c’est que cette argile pure,  fraichement déposée sur les digues est vierge, pour le moment, de vies consommables .En attendant il laboure et passe sans autorisation sur mes bassins fraichement bennés et à de la chance que je n’aime pas le saucisson de cochon !!!… passage de sangliers dans les oeillets

    Sur cette photo, une dizaine de sangliers est passé dans les futurs bassins de récolte !

    trace de sanglier dont les gardes ont bien marqué

    C’est une trace bien reconnaissable dans l’argile avec ses gardes bien imprimées qui ne laisse aucun doute sur son propriétaire !

    D’autre vies, plus discrètes, commencent à apparaitre dans ce sol “lunaire” et  permettent d’imaginer une future saline verdoyante .Ce n’est d’ailleurs pas sans émotion que nous avons pu admirer les premières spergulaires qui, malgré des conditions très difficiles, s’implantent et inaugurent le lieu .

    spergulaire

    spergulaire sur digue d'argile Bientôt d’autres halophiles coloniseront l’argile et petit à petit créeront par leur présence un écosystème favorable à d’autres espèces plus exigeantes .

    Bref, soyons patients, la nature reprend ses droits et lorsqu’elle collabore avec l’homme cela peut être surprenant …

    En parlant d’homme, de mon coté, je continue à élaborer le sinueux parcours de l’eau et comme il ne me semble pas vous avoir parlé de la façon de construire les ponts( petits talus ) de saline, je vais tenter de vous expliquer la méthode utilisée :

    Tout d’abord, j’installe des cordeaux afin de faire des ponts droits, ensuite j’ourdis, c’est à dire, que je lève un peu de terre pour délimiter les diguettes :

    ourdis

    Quand les bords sont suffisamment secs après quelques jours ou quelques semaines s’il pleut , je remplis les ponts  :

    galpont

    Voilà, quand les ponts sont fait, il faut faire les fonds et benner pour établir les niveaux, et ça c’est pas le plus facile …