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Retour du sel et d’autres migrateurs

C’est un été peu commun cette année , il nous visite brutalement en juillet pour nous abandonner tout le mois d’août  et le revoilà qui repointe le bout son soleil en septembre !

C’est ainsi qu’avec le retour d’un temps plus sec ( notamment avec une hygrométrie basse,  grâce à des vents favorables ), voila le retour du sel  et notamment d’un peu de fleur de sel qui manquait cruellement à mon étal sur le marché .( récolte de courte durée car le 9 septembre est arrivée l’ennemie du paludier : 21 mm cumulés de pluie, me laissant donc le temps d’écrire ce post !)

Ce marais tout jeune est encore très « capricieux » et peu productif en fleur de sel , il faut être patient et se satisfaire de la maigre récolte qu’il me permet d’avoir  .

récolte de la fleur

Par contre sa jeunesse n’empêche pas la venue de très nombreux volatiles , je vous parlais la dernière fois des bécasseaux cocorlis ( confondus avec les maubèches !) et voila donc des maubèches de passage ( juvéniles ) :

accompagnés comme il se doit par les très nombreuses barges à queues noires ( plus de 600 dans le marais à marée haute ) qui s’alimentent frénétiquement( non, non ce n’est pas en accéléré !) et qui décollent brutalement dès qu’un rapace passe à proximité :

puis une quantité impressionnante de pouillots fitis ( à priori  car je ne les ai pas entendu chanter et ils sont très facile à confondre avec les pouillots véloces !), regardez comme ils sont nerveux et semblent trouver abondance d’insectes dans les spartines du marais . Cette manne va leur donner des forces pour continuer la migration jusqu’en Afrique subsaharienne .

J’ai également la très grande chance d’être sur un parcours migratoire d’hirondelles de différentes espèces ( de rivages,rustiques et de fenêtre ) et depuis 3 semaines des centaines de ces oiseaux merveilleux égayent de leurs vols rapides mes marais :

En ce moment j’assiste aussi a quelques bagarres de chevaliers gambettes , il semblerait que des immatures veuillent s’entraîner pour les futures luttes de territoire au printemps prochain !

Et comme d’habitude à partir de mi-juillet , des petites flèches bleues bruyantes reviennent me voir dans le marais,  pour consommer tout l’automne et l’hiver , dans une relative douceur , des crevettes menues et petits poissons salés .( photo un peu terne car faite sous la pluie )

Le martin se pose souvent sur un piquet devant l’observatoire en roseau, tentez votre chance et avec un peu de patience vous pourrez l’admirer en vrai !!

Pour ne pas parler que d’oiseaux , en ce moment d’autres animaux volants me ravissent , ce sont notamment les anax empereurs , une des plus grande libellule d’Europe qui fait du sur-place  ( comme le crécerelle !) afin de localiser sa proie ( et éventuellement sa future partenaire )au dessus du marais :

Et d’autres libellules très communes aussi , les sympetrums ou libellules rouge sang :

le mâle :

la femelle:

Et pour finir avec d’autres beautés, mais végétales cette fois : les différentes plantes halophiles qui s’empourprent pour beaucoup à l’arrivée de l’automne et qui enflamment le marais :

comme la soude commune:

ou bien sur les célèbres salicornes annuelles :

et d’autres fleurissent comme ces salicornes rameuses:

ces fenouils :

ou ces magnifiques asters maritimes butinées par de nombreux insectes, dont l’abeille :

Et comme d’habitude des artistes se révèlent très talentueux avec l’argile du marais et je tiens a leur faire honneur :

Certains voudraient bien faire pareil !

 

Et l’on se quitte avec le vol des cygnes qui daigne de temps en temps venir sur le marais , mais qui en général préfèrent aller dans le golfe pour l’hiver :

à bientôt !

 

 

 

 

 

Récolte interrompue mais migration débutée !

Depuis le dernier article ou je faisais mention d’une prochaine récolte , quelques kilos ont été récupéré et la saline habillée  de blanc change ainsi momentanément de visage .

 

Ce « maquillage  » fut de courte durée car des averses orageuses répétées ont stoppé pour un long moment la récolte .

Mais cela me laisse plus de temps pour admirer les oiseaux migrateurs qui arrivent sur le marais  ( et accessoirement pour faire mes 5 marchés par semaine ! )

Ces oiseaux venus,  souvent de contrées lointaines et nordiques arrivent affamés et en plumage d’éclipse ( plumage nuptial partiellement remplacé par celui d’hiver ).

Tel ces bécasseaux variables , s’alimentant frénétiquement dans les bassins très peu profond , de larves de chironomes et moustiques :

ou ces bécasseaux maubèches ( plus gros que le variable ) au plumage si chatoyant l’été et probablement l’un des plus grands migrateurs ( plus de 15000 km ) , ils  nichent dans la toundra arctiques .

En fait , grosse erreur de ma part d’ou ce rectificatif : ces bécasseaux maubèches sont en fait des bécasseaux cocorli !!

ce sont également de gros migrateurs ( plus de 30000 km pour certains !)mais leur bec est recourbé , comme des courlis en petit .

Bien sur en ce moment et tout l’hiver aussi , se trouvent les barges à queue noire , que vous commencez à bien connaitre , certaines resteront dans le golfe et dans mon marais,  d’autres descendront plus au sud , voir en Afrique .

Bref , cela sent la fin de saison, même si quelques jeunes sternes retardataires me rappellent que de nombreux oiseaux ont profité, cette année,  de la saline pour élever leurs petits .

Les ardoises de la saline ne sont pas faites que pour les lecteurs  !

Si l’on fait le compte des oiseaux ayant niché sur la saline de Sarzeau : 55 couples d’avocettes qui totalisent au moins 60 jeunes à l’envol, 110 couples de sternes pierregarin avec un nombre de jeunes volants  approximatif de 150 a 200 , 18 cples d’échasses avec un résultat plus maigre suite aux prédation par le renard ( voir épisode précédent !) de 6 jeunes à l’envol , 4 cples de petit  gravelot avec au moins 3 jeunes à l’envol ( les autres le sont peut être mais n’ont pas été vus à l’envol ) et un cple de gravelot à collier interrompu avec 3 jeunes à l’envol  , 2 cples de chevalier gambette : un jeune volant vu , un cple de mouette rieuse  avec 3 jeunes volants , 7 jeunes volants de deux familles de tadornes , très nombreux jeunes colverts ( difficile à compter ) , plusieurs couples de bergeronnettes avec jeunes volants,  vus jeunes râles , foulques et gallinule poule d’eau et nombreuses rousserolles , cisticoles, linottes  ( nids et jeunes volants difficile à évaluer ) sans compter les oiseaux des haies bordant la saline ( fauvettes grisette, hypolais , mésanges , bruant zizi…) .C’est donc un réel succès pour cette zone anthropique qui n’abritait , avant la rénovation , que quelques oiseaux des haies en bordure de la saline !

Il est intéressant , suite à ces démonstrations pragmatiques,  de se souvenir de la tentative  de blocage du projet organisé par l’association » Bretagne vivante » en 2015 qui y voyait un risque d’appauvrissement de la zone ( alors même qu’elle reconnaissait la zone pauvre en biodiversité et l’intérêt de rétablir l’hydraulique )

pour finir , j’ai découvert des insectes très curieux , qui comme les abeilles mégachiles  ou les  halictes creusent des terriers dans mon argile : ce sont des larves de cicindèles que vous voyez :

Elles ont l’air féroce , gare aux insectes qui passent à portée de mandibules ! adultes ce seront de vrais petites prédatrices sur  mes petits ponts d’argile , c’est un peu les tigresses des insectes et elles sont très belles ! je vous les montrerai si j’arrive à les photographier car elles sont hypers rapides !

La saison n’est pas terminée , mais déjà je voulais remercier les visiteurs  » bipèdes » qui dans leur large majorité ont respecté le site ,  le paludier  et ont contribué à rendre le lieu si magique  .Tout cela m’encourage à améliorer le sentier « pédagogique », ce qui je vous l’avoue m’amuse grandement !

l’atelier argile a révélé de vrais artistes !

 

Avant la récolte !

Comme le titre l’indique, si aucun phénomène météo fâcheux venait à survenir, la récolte est pour ces prochains jours !

Je sais que les paludiers de Guérande récoltent déjà, mais les conditions climatiques et la salinité de l’eau ont toujours été meilleurs là bas , d’où l’abandon de la saliculture Morbihanaise au XIX ème siècle .

En attendant de voir les petits tas blancs, je voulait témoigner de l’avancée de mes petits protégés à plumes et à chitine !

Les sternes fabuleusement bruyantes rythment ma journée et de très nombreux jeunes ont déjà pris leur envol.Ils ne sont pas toujours facile à voir et à compter car ils aiment se cacher du soleil et des regards dans les arroches du littoral poussant sur les îlots

Pour ceux qui ont vu sur le sentier le nid de gravelot à collier interrompu et qui avaient des craintes quand au dérangement par les bipèdes , qu’ils sachent que toute la famille se portent bien et que l’intégralité de la portée grandit dans cet écrin salé :

Un des jeunes :

Découvert récemment, une portée de bergeronnettes grises ayant niché sous une de mes ardoises de mon sentier « pédagogique »:

parents nourrissant, remarquez la quantité de mouches apportée à leurs petits affamés !

et au bout de 15 jours les jeunes volant :

Bien sur,  il n’y a pas que les oiseaux qui animent le marais, cependant ils sont beaucoup plus discrets , telles ces mégachiles coupeuses de feuilles .

Elles sont assez fabuleuses de part leur méthode d’élevage !

Elles creusent,  tout d’abord,  un terrier dans l’argile

comme les petits abeilles halictes également présentes sur la saline .

 

Mais leur originalité vient du fait qu’elles coupent des feuilles ( ronces, rosiers,…) et après avoir creusé leurs  terriers/nids elles vont apporter ces morceaux de feuille découpés en rond avec lesquels elles vont constituer une sorte de cigare,  au centre duquel elle auront pondu un œuf .

L’introduction va très vite, alors une petite photo s’impose :

Abeille en vol avec sa feuille

et introduction dans le terrier de la feuille :

Ensuite elle remplira le « cigare » de pollen collé à son abdomen, afin de nourrir sa larve  :

Le monde des insectes est vraiment fascinant n’est ce pas !

pour la fin, petit coucou à mes abeilles butinant les fleurs du lotier corniculé , alors que la miellée prend fin et qu’elles devront attendre la floraison du lierre , fin août pour retrouver suffisamment de nectar pour faire des réserves hivernales .

 

Renard la suite …!

Apparemment Maître Renard a beaucoup de succès auprès des bipèdes connectés ( plus de 10 000 vues sur Facebook de son portrait en pleine action, certes parce que relayé par le blog du  » yeti » )et surprise nous avons la cerise sur le gâteau : le film !

Ces courts extraits, toujours dus à Françoise et André Le Corre , montrent finalement que le goupil va dans l’eau mais semble marcher sur des œufs car il n’apprécie pas l’élément liquide .On voit, ou du moins on entend que les oiseaux sont bien stressés ( certains disaient  d’après la photos qu’ils semblaient calmes, résignés ou fatalistes !) .

Je profite de la venue de cette star pour vous montrer quelques vidéos et photos de nouveaux nés sur le marais ( eh oui la pluie orageuse me permet de passer un peu de temps à observer et immortaliser ces splendeurs du marais  !)

Tout d’abord , nouveauté cette année sur la saline, une nichée de mouette rieuse, pourtant habituée  aux milieux d’eaux douces :

et un des canards les plus coloré et des plus apprécié sur la saline, le tadorne de Belon :

Autrement, dans la série  » je trouve la saline à mon gout » , j’ai nommé le petit gravelot dont un nouveau couple a emménagé sur la digue ( cela fera 3 couples  cette année !) et m’a conduit, comme pour le gravelot à collier interrompu, a protéger ses œufs des passants par un grillage  .

Voilà, peut être qu’un jour, j’arriverais à vous montrer une récolte de sel, car je vais finir par passer pour un naturaliste « bobo » qui produit occasionnellement mais nourrit son esprit et son âme par des observations du milieu de production !

 

 

 

Déluge !!

En pratiquement 20 ans de saliculture dans le golfe, je n’avais jamais eu à subir une pluie aussi intense , avec un cumul proche d’un mois entier en une nuit et un jour ! 80 mm de pluie équivaux à 80 litre d’eau douce au m2 !

Comme j’étais sur le point de récolter, précocement certes, je suis d’autant plus rageur ! Retour case départ pour l’évaporation, mais d’abord vidange de toute cette eau douce qui a littéralement noyé la saline et les œillets !

Je suis d’avantage peiné par les dégâts occasionnés à mes chers protégés à plumes .Si les avocettes n’ont pas trop soufferts car les jeunes étaient déjà bien plumés ( ce qui me permet de dire au passage, qu’au moins 55 jeunes avocettes sont sauvées car pratiquement à l’envol), ce sont surtout les échasses qui ont souffert .Des nids ont été noyés et des jeunes tout justes nés morts de froids .

Le printemps est dur cet année et le couple de petit gravelot a perdu, également ses 4 petits, à cause du froid , il a refait un nid au même endroit et un autre couple l’a même rejoint !

Le gravelot à collier interrompu a re-niché, mais cette fois pour me simplifier la tache(!), sur le sentier , ce qui m’a contraint à grillager pour empêcher l’écrasement par des gentils pieds de visiteurs !

Le grillage qui protège le nid et la femelle :

et le mâle photographié par un ami  ( Philippe Prigent )

Depuis quelques semaines une belle population de sternes s’est installée, dénombrant une centaine de nid ! et depuis hier, sous la tempête, trois jeunes sont nés, j’ai décidé de baptiser un des jeunes Miguel !( en référence à la tempête bien sur !)

Les sternes en « braillant » continuellement attirent d’autre oiseaux et notamment de très belles mouettes mélanocéphales, qui comme leur nom l’indique ont a tête noire, à ne pas confondre avec la mouette rieuse, qui niche sur la saline depuis cette année, et qui a la tête chocolat au lait ( assez foncée quand même !) .Les deux espèces perdent  leur couleur  foncée en dehors de la période de reproduction , il est donc plus dur de les identifier alors !

Un bon critère est le cri qui est un miaulement chez la mélanocéphale et un rire rauque chez la rieuse .

mouettes mélanocéphales adultes et derrière des immatures

mouette rieuse sur son nid

Je constate également avec ravissement que les crevettes menues ( crevettes inféodées au marais ) commencent à abonder , ce qui a pour heureuse conséquence la venue de nombreuses aigrettes et hérons cendrés, ainsi que plus irrégulièrement de spatules .

Et pour finir et changer des plumes , j’ai eu une fois de plus la venue d’un ravissant être à poil, un joli brocard, qui a bien énervé les avocettes !

Salut à tous et à bientôt !

 

observatoire en roseaux

Immuablement, sur la saline de Sarzeau, après la période de couvaison , la période de naissance suit  pour certaines espèces, comme l’avocette  .

Ceux qui sont venus ces jours ci sur le marais ont pu se rendre compte que des poussins occupent tout l’espace et nous semblons peu acceptés par les parents qui « braillent  »  !

Cependant il faut bien comprendre que le site est anthropique à la base et que le lieu leur convient parce qu’aménagé par l’homme , les oiseaux, à force, vont donc s’habituer à la présence humaine .

J’aime également que l’on comprenne que dans la nature tout est inter-relié et que l’on a trop tendance à cloisonner les espaces ( et les esprits !)  , c’est à dire que l’on va mettre l’homme d’un côté et la nature de l’autre .

Pourquoi ne pas envisager que la nature à besoin de l’homme ( puisqu’il est convenu que l’inverse est vrai ! ), pour diversifier les espaces ou les maintenir en équilibre par une exploitation ou utilisation raisonnée .

Des espaces , bien sur, n’ont pas besoin d’interventions  ( océans, forêts primaires, …) et dans ceux ci,  il faudrait limiter l’ empreinte humaine , mais à moins de réduire drastiquement la population d’hominidés ! pourquoi ne pas envisager de travailler en harmonie avec la nature et de lui montrer que nous sommes aussi une espèce animale faisant partie de la biodiversité et permettant la création  d’une  variété d’espaces profitables à une variété d’espèces .

A titre d’exemple, il me semble que la saline est représentative, mais cela est pareil pour un agriculteur biologique qui aura des prairies naturelles et des haies séculaires . Si l’agriculteur ne gère plus l’espace, la nature ayant horreur du vide , va le combler pour tendre vers l’équilibre ( le climax ), et avant que le milieux ne soit transformé en forêt, type « primaire « , la biodiversité risque d’être moindre qu’en présence humaine .

Bref, on a tous conscience de l’effet , assez souvent négatif, des activités humaines sur la nature, mais au lieu de se flageller et d’estimer que nous n’avons pas notre place dans la nature ( quitte pour certain à espérer la disparition des hommes ! ou d’extraire de grands espaces de toutes activités humaines  et les mettre « sous bulle », en réserve intégrale  ), rapprochons nous d’elle et réintégrons l’homme dans la nature .Faisons corps avec elle , re-marions nous avec elle .

Désolé, je m’emporte !

Je disais donc beaucoup de naissances sur la saline :

des avocettes ( une centaine de jeunes ont vu ou verront le jour )

Des petits gravelots ( qui ont souffert de la pluie et du froid : 2 jeunes morts de froid ! )

A noter que cette année , j’ai dérogé à mon habitude d’attendre que les oiseaux s’habituent à l’homme ( on a tous nos contradictions ! ) et j’ai réalisé un observatoire rudimentaire en roseaux .Accessible à tous il permet,  si l’on est calmes , patients et un peu chanceux de voir

de plus près nos emplumés favoris .

Voilà quelques images réalisées uniquement de cet endroit ( plutôt le matin !):

Héron cendré en vol

Colverts mâle et femelle

gallinule poule d’eau

reflet d’échasse ( 20 couveuses sur la saline , mais pas encore de poussins ).

 

et spatule :

Du coté de la vasière une grosse population de sternes pierregarin s’installe et donne une véritable énergie au marais, du fait de son incessant babillage et son  excitation .

C’est un des plus beau cadeau qu’elles puissent me faire car j’étais un peu « orphelin » de celles de St Armel !

Et pour finir en beauté, j’ai trouvé sur mes digues d’argile, lentement colonisée par des herbes pionnières, deux papillons splendides qui signalent par leurs couleurs vives,  aux éventuels prédateurs, qu’ils sont toxiques :

écaille martre

 

écaille fermière

A plus  !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saline animée !

Je m’attendais dans ce site grandiose à voir s’installer une faune très riche , mais cette année ,  seulement 3 ans après la rénovation, je suis subjugué et ravi par la force de résilience de la nature .

Les micro-organismes en se développant très vite, ont attiré une avifaune variée et nombreuse .

Imaginez qu’en 2016 aucune échasse blanche ne nichait sur le marais ( qui avait des niveaux d’eau trop fluctuant et une faune benthique réduite )et au moment ou je vous écrit ces mots 56 échasses s’y installent !!

Cela ne se fait pas sans cris et heurts car se sont des oiseaux particulièrement bruyants, surtout au moment des amours ! les bagarres sont fréquentes , mais avec leurs grandes pattes et leur allure gracile,  cela ressemble à un ballet de danseuses étoiles

Plus lourds mais pas moins nombreux,  sont les tadornes qui ont également mauvais caractère mais semblent fortement apprécier le marais salant :

Une cinquantaine d’avocettes leur tient compagnie et couvent leurs œufs depuis au moins 15 jours ( naissances dans moins de dix jours pour la plupart des couples  et une naissance  précoce aujourd’hui de 4 petits ), ce qui est également le cas du petit gravelot,

par contre les canetons de colverts sont déjà nés et passent très souvent devant l’observatoire en roseaux que j’ai confectionné .

Pour l’instant deux familles sont visibles et totalisent 23 petits .

Les linottes mélodieuses , cisticoles, fauvettes grisettes, rousserolles investissent aussi les haies et arbustes des digues .

Lorsque les conditions climatiques le permettent , je pratique aussi , un peu d’apiculture avec les abeilles de la saline et cette fois je vous montre brièvement le changement de ruche pour une colonie d’abeille mellifère .

Les abeilles sont parfois , mais en petite quantité, consommées par des reptiles basés au pieds des ruches et sur le sentier d’accès ( sur les troncs d’arbres abattus ), les lézards verts :

Le mâle a la gorge bleue au printemps,soyez vigilant si vous voulez l’ admirer ainsi qu’un autre lézard fréquentant la saline dans les zones ensoleillées : le lézards des murailles bien connu car vivant près des habitations et auxiliaire des jardiniers .

Bref , vous comprenez qu’il est impératif que vous veniez constater la richesse du lieu , d’autant que le printemps est éphémère …

 

 

 

De retour !!

Après 9 mois d’absence, j’ai retrouvé la connexion internet  ! Depuis mon dernier post de nombreux événements se sont déroulés, j’avais inscrit fin juin 2018 que la récolte était imminente, finalement il a fallut attendre le 14 juillet !Mais ce fut par la suite  un beau feu d’artifice de soleil …

Ensuite il n’y a eu que de brèves interruptions à cause de petits épisodes orageux et la récolte à ce jour est estimée à une tonne et demie par œillet, donc 45 tonnes de gros sel !

Cependant  la saline encore jeune est capricieuse et ne donne que très peu de fleur de sel !

Mais je suis content de cette deuxième saisons dans mon paradis .

De nombreux visiteurs, cet été, ont parcourus la saline,  sans incidents et cela  a même conduit à de belles rencontres notamment celle de  Théodore Seize qui a réalisé un film avec son drone et m’a autorisé à le partager sur facebook ( les amis de la saline ), voila quelques photos tirées du film :

Après l’été qui s’est prolongé jusqu’en octobre , j’ai noyé la saline pour la préserver de l’érosion et du gel ( quasiment absent cette année !).Sous cette couverture aquatique difficile d’imaginer que des petits talus d’argile  réapparaîtrons lors de la vidange de mars .

La saline endormie a été maintes fois réveillée par le concert assourdissant des oiseaux venus en hivernage .

Il y a ceux qui restent dans le golfe, mais à proximité des digues, comme les bernaches, canards siffleurs,canards souchets,canards pilets, courlis, barges …

bernaches cravant

canard siffleur mâle ( repérable de loin à son cri sifflé !)

couple de canards pilets

et ceux qui pénètrent le marais comme les bécassines , chevalier aboyeurs, culblancs , martin, sarcelles d’hivers …

Puis le printemps arrive, les comportements changent avec la montée de certaines hormones .Des parades , des bagarres  et des accouplements inaugurent le début de cette période pleine de vie au marais .Des migrateurs se mêlent aux amoureux , le temps d’une escale réparatrice et le paludier heureux de toute cette frénésie se réveille lui aussi …

 

barges à queues noires et avocettes à nuques noires

La saline est vidée et le dessin des bassins apparaît ,

c’est le début pour moi du pontage et de l’habillage .

Il me faut refaire les ponts ( diguettes d’argile ) qui se sont affaissés durant l’hiver et retirer la vase des fars  pour ne laisser que l’argile .

En ce début de saison , je suis comme ces oiseaux revenus de pays lointains , heureux de fouler de nouveau la terre argileuse et rempli d’espoir .

Le marais,les oiseaux, les plantes et moi même vous attendent donc de pied ferme,  tout en espérant que vous ne regretterez pas votre visite!

A bientôt !!

 

Encore des « bébés » !

Juste avant une prochaine récolte et un déménagement qui va m’empêcher pendant un certain temps de poster des nouvelles de la saline ( car je n’aurais plus d’internet !), je voulais vous faire part aujourd’hui de la naissance des petits gravelots !

Pour ceux qui croient que je radote, et que j’en avais déjà parlé, sachez que ce n’est pas le gravelot à collier interrompu ( dont les petits sont nés sur la saline  la semaine dernière ) mais une autre espèce : le petit gravelot !

Celui ci a un collier entier, est de la même taille et pond quatre œufs.

Souvenez vous, le renard avait dévoré ses œufs et il a du faire une seconde couvée, qui a réussi cette fois !

Au début le mâle voulait faire son nid sur mes ponts d’œillets ( comme le gravelot à collier interrompu), car c’est lui qui forme les cuvettes et c’est la femelle qui choisi, mais comme cela risquait d’être problématique avec la récolte qui approchait( je risquait bien malgré moi, d’écraser les œufs ), j’ai mis du sable sur des ponts moins exposés et la femelle a, bien heureusement, décidé d’adopter ce milieu qui lui faisait penser aux rives sablonneuses qu’elle affectionne habituellement .

A l’heure ou j’ai pris les photos, il restait un œuf à couver quelques heures, alors qu’un poussin était encore tout mouillé et réchauffé par un des adultes et deux autres poussins bien vaillants cherchaient déjà leur pitance .

Pour finir, je voulait vous faire admirer les beaux chevaux du centre équestre voisin, qui pâturent, sereinement sous le regard des sternes de la saline …

à bientôt … j’espère

Hirondelle de mer

Oh joie, cette année une belle colonie de sternes s’est installée sur le marais, les ébats furent brefs car elles étaient un peu en retard :

et depuis 3 jours des poussins sont apparus, et ils sont affamés !

Ces oiseaux si gracieux et braillards manquaient au lieu l’année dernière et sauf prédation, je sais que l’effectif va augmenter d’année en année, car les individus présents font office d’appelants pour les autres : ils » recrutent « comme ont dit dans le milieu !

Je les regarde s’activant bruyamment pour nourrir leurs petits, qui malgré leur petite taille,  parviennent à absorber des poissons imposants !

Les parents choisissent parfois des épinoches du marais, des mulets juvéniles et même des vers arénicoles .

Par ailleurs, le beau temps, vous imaginez bien, fait le bonheur du paludier et quelques grains de sel apparaissent dans les œillets !

D’ici quelques jours,  après le « déchargeage  » (: nettoyage des œillets )la récolte devrait s’opérer !

Merci le soleil et le vent de faire venir le sel et les oiseaux …