Archives de catégorie : Nouvelles fraîches

Circuit de l’eau

Alors que je suis en attente de l’apparition du sel , je me suis dit que pour symboliser la gravité et la circulation de l’eau dans le marais je pourrais mettre un petit moulin .C’est chose faite !

Et donc je vous le montre grace à cette vidéo, sans montage comme d’habitude !, et donc très imparfait  et tente également,  de nouveau,  de vous montrer le sens de circulation de l’eau :

Vasière puis cobier, ensuite fars , puis Adernes et enfin œillets .

 

Quand le moulin tourne, cela signifie que l’eau circule et donc que je fais passer de l’eau dans le circuit .Cela veut donc dire que l’eau s’évapore sous l’action du soleil et du vent .Je fais passer autant d’eau dans le marais que d’eau qui s’évapore ( circuit fermé ) .Au bout du compte, comme l’eau s’évapore , elle se concentre en sel et tout au bout du circuit, dans les œillets, le sel apparaîtra !Sauf si la pluie s’invite …et il faudra recommencer …

Actuellement le soleil travaille bien et, j’ai bon espoir qu’après une semaine encore d’évaporation le sel apparaisse dans les derniers bassins ( œillets ).

Pour le moment j’admire les premiers poussins d’avocettes rescapés

Les belles et bruyantes sternes qui couvent ou qui paradent :

La multitude de plantes halophiles ( qui aiment le sel ) et d’autres plus rudérales qui colorent le marais :

Cette nouveauté sur ma saline que je n’arrive pas à identifier ( genre de lamier jaune ) , je compte sur vous pour m’aider !!

bref la nature est fantastique et particulièrement au printemps , bon vent à vous !

 

 

Déconfinement !

Voilà le grand jour arrive enfin, nous serons « libres » comme l’oiseau ou presque …

Certes la vie sur la saline n’a pas été bouleversée par la non-présence d’humains ,mais paradoxalement peut être que les prédateurs à poils et à plumes étaient plus tranquilles pour orchestrer leurs forfaits !

En effet les corneilles ont prédaté une dizaines de nids d’avocettes et un nid de petit gravelot , tandis que le renard à « engloutit » plus d’une trentaine de nids d’échasses, d’avocettes et de mouettes !

Un photographe( merci Michel Barberon pour la photo ) qui passait par là,  a pu enregistrer le moment ou maître goupil testait pour voir s’il supportait de mettre ses pattes dans l’eau !

Suite à cet événement douloureux pour moi ( et pour les oiseaux bien sur encore plus !) j’ai décidé de renforcer la clôture électrique qui protège la vasière du renard afin de tenter de sauver, au moins, les sternes qui s’installent en très grand nombre sur les îlots .

Et toujours Michel pour la photo :

Alors , lundi si vous passez par la saline, vous verrez un peu moins d’oiseaux au nid ( surtout coté observatoire )mais vous vous consolerez en pensant que notre ami roux a charge de famille , qu’il lui faut bien subvenir aux besoins de sa progéniture et que les oiseaux vont faire des pontes de remplacement .

Sinon le petit gravelot prédaté par la corneille a refait un nid sur la saline , trois familles d’avocettes avec poussins se baladent car ils ont échappé aux crocs aiguisés et deux couples de gravelots à collier interrompu nichent également sur les ponts d’œillet dont une femelle baguée avec des bagues couleurs et un « drapeau ».Cet oiseau est un nicheur rare en France ( 1500 cples ) et son effectif se réduit, c’est pour cette raison qu’il y a un programme de suivi, avec notamment un baguage :

ici la femelle est baguée  : FBV/MTWhV ce qui correspond a patte gauche : drapeau bleu et bague verte ( de haut en bas ) et patte droite : bague métal ( on ne peux pas lire le numéro , car il faudrait l’attraper ou être plus proche , mais ce n’est pas essentiel pour l’identification )ensuite bague blanche  ( White en anglais )puis bague verte.

Je vais envoyer les infos et ensuite si j’ai un retour je vous dirais ou ce bel oiseau protégé et en raréfaction a été bagué ( a priori pas dans le territoire du parc ) et donc ou est il né . Peut être apprendrons nous aussi qu’il a été vu en Afrique en hivernage …Suspense !

Sinon toujours pas de sel, la pluie s’est invitée ( plus de 100 mm en une semaine ) et je termine de nettoyer les bassins avec mon boutoué (encore  merci Michel !) :

Je termine avec quelques petites ravissantes :

La cotule  si belles avec ses  fleurs jaunes mais si envahissante et même invasive car venant des antipodes ( Australie, nouvelle Zélande !) :

et des « bien de chez nous « ! comestibles et que je ramasserais bientôt pour vendre sur les marchés ( ré-ouverts !), la salicorne annuelle :

A bientôt donc sur le marais

 

 

Sacrées hormones !

Alors qu’en ce moment, l’on ne cesse de parler de particules  pathogènes  , les oiseaux, eux , sont submergés de substances chimiques tout aussi microscopiques mais avec un effet beaucoup plus positif !

Enfin pour la reproduction ! car l’excitation provoquée par leurs hormones a pour conséquence des attitudes parfois surprenantes !

Aujourd’hui , alors qu’un arrivage massif de sternes pierregarin égaye le ciel , je constate que la reproduction de mes chers volatiles enclenche des scènes parfois belliqueuses :

Entre les individus d’une même espèce, je vous l’ai déjà dit et montré:

mais également inter-espèces ,  il est fréquent de voir de l’agressivité venant surtout des avocettes ( au bec pourtant bien inoffensif !)envers tout ce qui vit : échasses, poule d’eau, tadorne et …colvert:

d’autres scènes, qui sont censées être romantiques, ressemblent plutôt à des viols, comme ces tadornes ( mais beaucoup d’anatidés ont la même façon de procéder )  :

La femelle tadorne, après l’acte « d’amour » semble vouloir se purifier car elle effectue un long nettoyage .

Mais le plus drôle qu’il m’ait été donné de voir ces derniers temps, c’est le comportement un peu « narcissique » ou « déviant », à vous de voir, de ce mâle d’avocette .

En effet l’excitation liée aux hormones étant tellement forte qu’il a confondu sur le miroir de l’eau, son reflet avec une partenaire !Je n’ai pas tout filmé, mais seulement la fin d’une parade ( un peu lointaine désolé ) qu’il effectue autour de son image dans l’eau et tente, ensuite vainement, de s’accoupler avec cette partenaire « virtuelle » .Bien évidemment il a du mal à tenir !

Ces scènes sont observées par les très jolies gallinules poules d’eau un peu dubitative :

et par le paludier qui va attendre un peu avant de récolter du sel car la pluie s’est invitée cette nuit , mais tout cela est normal et salutaire après un mois de soleil ininterrompu …

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Paludier triste !

Cela est certainement très surprenant, mais le paludier qui se croyait un peu asocial , se trouve  mélancolique devant l’absence de présence humaine sur la saline !

Certes la vie animale est venue en grand nombre m’apporter du réconfort , mais elle a beau pratiquer les plus belles danses , entonner les plus beaux chants , ou s’enlacer avec la plus grande tendresse , je reste un peu orphelin de mes amis bipèdes  .

Il me manque ces échanges sur le marais avec ceux  de mon « espèce ». Ceux qui parviennent, en regardant les trésors de la saline, à faire briller leur regard , de sorte que les  étincelles que j’ entrevois dans leurs yeux  illuminent les miens en retour .

Alors pour atténuer cette impression de manque et peut être pour transporter certains visiteurs virtuels dans la magie du printemps sur le marais , je vous envoie quelques images …

A marée haute :

Comme vous pouvez peut être le constater, il y a beaucoup d’oiseaux sur le marais , certains migrateurs de passage, comme la spatule toute ébouriffée :

ou en train de passer, comme me l’a fait remarquer mon fils Elwyn, le « détecteur de métaux « , pour attraper en l’occurrence des crevettes menues :

D’autres migrateurs en transit sont tout aussi beaux, telles ces barges à queues noires arrivées dès l’automne et changeant de plumage jusqu’à s’empourprer:

ou ces courlis corlieux, que l’on nomme aussi les avrilleaux, car ils passent souvent en avril :

Mais bien sur un marais salant, n’aurait pas d’âme si mes jolies demoiselles noires et blanches , n’y venaient pas élever leurs petits .

Cette année , on peut dire que les avocettes  ne se sentent pas obligées de respecter les gestes « barrières  » car elles se sont regroupées  en masse ! près de 160 !

très bruyantes , elles se chamaillent pour profiter, les premières, des petits îlots que j’ai confectionné cet hiver :

Tous les ans j’assiste aux même scènes splendides et peut être suis je un peu redondant et lassant, car je vous relate les mêmes événements , cependant je ne m’en lasse pas et donc j’espère que vous aussi !

Voila donc la parade de l’avocette :

Le mâle tourne autour de la femelle docile en l’aspergeant d’eau pendant de long moment :

puis finalise et termine par un petit bisous  :

 

Lorsque le couple est soudé, il faut trouver un lieu pour construire le nid douillet :

Arrivées un peu plus tard sur le marais ( elles viennent de plus loin : Afrique ), les échasses paradent de façon identique mais  sont vraiment les plus gracieuses avec leurs très longues pattes  :

 

 

et le bisou final est vraiment classe !

Une autre copine à plumes, la mouette rieuse,  vient nicher elle aussi et on peut vraiment comprendre l’expression  » se voler dans les plumes  » alors même qu’elles n’ont pas a subir les contraintes du confinement !…

Bon encore une fois ,  j’espère que vous supportez tous les contraintes actuelles et que ces quelques nouvelles de mon lieu de travail vont vous aider à rêver …

Une dernière chose, toutes les photos et vidéos ont été réalisées des nouveaux observatoires en roseaux que j’avais confectionné pour vous .

Bientôt , le confinement terminé, vous aurez le loisir, si vous le souhaitez, de vous « enfermer » dans ces espaces pour admirer le peuple libre .Peut être les poussins seront ils nés, espérons qu’ils ne soient pas envolés …

 

Révons aux oiseaux libres !

Bonjour à tous !

Il y a bien longtemps que je n’avais pas dit un petit mot , des problèmes informatiques ( mon appareil photo n’est plus reconnu par mon ordi !) et le méchant virus ( pas informatique lui !) ne m’ont pas aidé .

Mais comme la vie animale sur la saline  se contrefiche de notre situation ( ou alors s’en réjouie), il se passe des choses merveilleuses  que j’étais impatient de vous montrer .

Grace à Elwyn ( qui viens d’avoir un appareil photo , reconnu lui, par l’ordi ), vous allez pouvoir voir quelques images ( faites avant le confinement ) , mais j’ai vraiment hâte que vous veniez voir tout cela de vos propres yeux .

Tout l’hiver a vu un nombre impressionnant de sarcelles d’hiver  ( de 100 à 250 )venir fouiller la vase de la saline à la recherche de graines ( surtout de salicornes ) et de vers . Ce sont des oiseaux très craintifs car très chassés ( en dehors du marais salant ) et donc  je félicite Elwyn pour « sa prise »:

De nouveaux observatoires ont été réalisés pour que vous aussi vous puissiez, un jour , approcher ces oiseaux si colorés .

Je crains qu’après le confinement ces jolis volatiles ne soient partis du marais salant pour aller en eaux douce se reproduire .

Mais d’autres oiseaux seront là pour vous accueillir:

pour le moment celles qui sont arrivées en masse,  pour perpétrer leur espèces, se sont mes adorées avocettes à nuques noires ( ou élégantes ) .Les îlots refaits  » à neufs » semblent fortement les intéresser et actuellement plus de 110 paradent  et s’excitent d’autant plus que le soleil réchauffe et le vent souffle peu .

Quelques bécassines de passage observent, mimétiques, les scènes d’amour, peu concernées, qu’elles sont, car ce n’est pas en ces lieux qu’elles élèverons leurs petits mais beaucoup plus au nord .

Parmi ces « belles plumes » s’activent aussi des barges à queues noires ( jusqu’à 300 à marée haute), colverts,tadornes,aigrettes,spatules,quelques échasses arrivées d’Afrique,gambettes, aboyeurs etc …mais mon fiston n’est qu’au tout début de son initiation à la photo naturaliste, donc tout n’est pas en image et il faut « laisser le temps au temps « , d’autant que pour le moment Elwyn est en « cage » !

Par contre , à l’entrée du marais, quand le soleil frappe de  jolis reptiles sortent et font le bonheur des observateurs et photographes émerveillés :

Le lézard vert et des murailles « tapant la causette » :

et le lézard vert tout seul :

Mais avant de partir « en confinement » Elwyn a eu aussi envie de m’aider un peu à travailler l’argile du marais salant en vue de préparer la saison prochaine .Car même si je ne vends plus de sel pour le moment sur le marché( dur dur pour la trésorerie !) , il faut espérer que cet été je puisse récolter et vendre mes produits .

Alors bien sur, c’est un peu dur quand on a que 11 ans, mais le tout c’est d’essayer !

A bientôt,  en vrai !

 

 

Bonne année !

Un tout petit texte pour vous souhaiter le meilleurs pour cette nouvelle année , Malgré la richesse du marais en automne, je n’ai pas eu l’occasion d’écrire d’article depuis longtemps  car mon appareil photo est à la fin de sa vie ! Alors je profite de la splendide photo d’un amis ( Didier ) pour écrire ce petit message et en profite pour faire une demande : dès que le marais sera ré ouvert ( après la pause hivernale, arrête préfectoral oblige ) ceux qui auront pris  de belles photos sur la saline  peuvent me les envoyer accompagnées ou non d’un joli commentaire sur les circonstances de la prise . Je serais heureux  d’ utiliser pour le blog  celles qui seront, par exemple, choisies par la communautée facebook  ( sur lesamisdelasaline )

Dites moi ce que vous en pensez  ?

Sel’a fin de saison !

Depuis une bonne semaine, les pluies automnales sont arrivées ! chouette pour les futures pousses de champignons et bien sur moins drôle pour la récolte  de sel qui s’achève avant même de vraiment commencer !

Cette année ne sera pas à noter dans les annales pour les quantités produites ( en ce qui me concerne puisque apparemment tous les paludiers de France et de Navarre sont contents !!), mais comme vous le savez j’ai la chance de recueillir sur mon marais,  un salaire autrement plus précieux : le bonheur affichés des visiteurs devant les beautés du lieu façonné par la nature ( et un peu par moi !)et par la richesse de la faune sauvage .

J’ai aussi l’immense plaisir et fierté  de voir mon fils se passionner devant l’extrême beauté de la nature et parfois emprunter mon appareil photo pour immortaliser ce qui lui apparaît, légitimement, comme unique :

Ses premières libellules : leste vert et anax empereur :

Mais j’ai également  la chance que des amis, amoureux eux aussi de la nature, m’offrent des photos de leurs rencontres avec les splendeurs animales et végétales de la saline :

quelques unes parmi les nombreuses que l’on me transmet :

de Jean François Briand dit Jeff !:

Alors ,devant tant d’amour, de gentillesse et de passion , pour quoi ne pas croire, l’espace d’un instant, que le monde n’est pas en train de s’écrouler , mais simplement en transition vers plus de respect et d’attention envers notre bien commun .

Je termine cette page en vous montrant trois espèces qui nichent sur le marais mais en zone plus saumâtre et dans la roselière :

la gallinule poule d’eau:

et son jeune :

La foulque macroule:

et les râles d’eau , jeune et adulte , petit joyaux des lieux :

Enfin, avec des hivers de plus en plus doux, certaines espèces d’oiseaux ont une démographie galopante , c’est le cas des hérons garde-bœuf que l’on voyait jadis plutôt en Camargue et qui maintenant animent les prairies bretonnes et de temps à autre les marais :

face au château de Truscat

Kenavo !

 

 

 

Retour du sel et d’autres migrateurs

C’est un été peu commun cette année , il nous visite brutalement en juillet pour nous abandonner tout le mois d’août  et le revoilà qui repointe le bout son soleil en septembre !

C’est ainsi qu’avec le retour d’un temps plus sec ( notamment avec une hygrométrie basse,  grâce à des vents favorables ), voila le retour du sel  et notamment d’un peu de fleur de sel qui manquait cruellement à mon étal sur le marché .( récolte de courte durée car le 9 septembre est arrivée l’ennemie du paludier : 21 mm cumulés de pluie, me laissant donc le temps d’écrire ce post !)

Ce marais tout jeune est encore très « capricieux » et peu productif en fleur de sel , il faut être patient et se satisfaire de la maigre récolte qu’il me permet d’avoir  .

récolte de la fleur

Par contre sa jeunesse n’empêche pas la venue de très nombreux volatiles , je vous parlais la dernière fois des bécasseaux cocorlis ( confondus avec les maubèches !) et voila donc des maubèches de passage ( juvéniles ) :

accompagnés comme il se doit par les très nombreuses barges à queues noires ( plus de 600 dans le marais à marée haute ) qui s’alimentent frénétiquement( non, non ce n’est pas en accéléré !) et qui décollent brutalement dès qu’un rapace passe à proximité :

puis une quantité impressionnante de pouillots fitis ( à priori  car je ne les ai pas entendu chanter et ils sont très facile à confondre avec les pouillots véloces !), regardez comme ils sont nerveux et semblent trouver abondance d’insectes dans les spartines du marais . Cette manne va leur donner des forces pour continuer la migration jusqu’en Afrique subsaharienne .

J’ai également la très grande chance d’être sur un parcours migratoire d’hirondelles de différentes espèces ( de rivages,rustiques et de fenêtre ) et depuis 3 semaines des centaines de ces oiseaux merveilleux égayent de leurs vols rapides mes marais :

En ce moment j’assiste aussi a quelques bagarres de chevaliers gambettes , il semblerait que des immatures veuillent s’entraîner pour les futures luttes de territoire au printemps prochain !

Et comme d’habitude à partir de mi-juillet , des petites flèches bleues bruyantes reviennent me voir dans le marais,  pour consommer tout l’automne et l’hiver , dans une relative douceur , des crevettes menues et petits poissons salés .( photo un peu terne car faite sous la pluie )

Le martin se pose souvent sur un piquet devant l’observatoire en roseau, tentez votre chance et avec un peu de patience vous pourrez l’admirer en vrai !!

Pour ne pas parler que d’oiseaux , en ce moment d’autres animaux volants me ravissent , ce sont notamment les anax empereurs , une des plus grande libellule d’Europe qui fait du sur-place  ( comme le crécerelle !) afin de localiser sa proie ( et éventuellement sa future partenaire )au dessus du marais :

Et d’autres libellules très communes aussi , les sympetrums ou libellules rouge sang :

le mâle :

la femelle:

Et pour finir avec d’autres beautés, mais végétales cette fois : les différentes plantes halophiles qui s’empourprent pour beaucoup à l’arrivée de l’automne et qui enflamment le marais :

comme la soude commune:

ou bien sur les célèbres salicornes annuelles :

et d’autres fleurissent comme ces salicornes rameuses:

ces fenouils :

ou ces magnifiques asters maritimes butinées par de nombreux insectes, dont l’abeille :

Et comme d’habitude des artistes se révèlent très talentueux avec l’argile du marais et je tiens a leur faire honneur :

Certains voudraient bien faire pareil !

 

Et l’on se quitte avec le vol des cygnes qui daigne de temps en temps venir sur le marais , mais qui en général préfèrent aller dans le golfe pour l’hiver :

à bientôt !

 

 

 

 

 

Récolte interrompue mais migration débutée !

Depuis le dernier article ou je faisais mention d’une prochaine récolte , quelques kilos ont été récupéré et la saline habillée  de blanc change ainsi momentanément de visage .

 

Ce « maquillage  » fut de courte durée car des averses orageuses répétées ont stoppé pour un long moment la récolte .

Mais cela me laisse plus de temps pour admirer les oiseaux migrateurs qui arrivent sur le marais  ( et accessoirement pour faire mes 5 marchés par semaine ! )

Ces oiseaux venus,  souvent de contrées lointaines et nordiques arrivent affamés et en plumage d’éclipse ( plumage nuptial partiellement remplacé par celui d’hiver ).

Tel ces bécasseaux variables , s’alimentant frénétiquement dans les bassins très peu profond , de larves de chironomes et moustiques :

ou ces bécasseaux maubèches ( plus gros que le variable ) au plumage si chatoyant l’été et probablement l’un des plus grands migrateurs ( plus de 15000 km ) , ils  nichent dans la toundra arctiques .

En fait , grosse erreur de ma part d’ou ce rectificatif : ces bécasseaux maubèches sont en fait des bécasseaux cocorli !!

ce sont également de gros migrateurs ( plus de 30000 km pour certains !)mais leur bec est recourbé , comme des courlis en petit .

Bien sur en ce moment et tout l’hiver aussi , se trouvent les barges à queue noire , que vous commencez à bien connaitre , certaines resteront dans le golfe et dans mon marais,  d’autres descendront plus au sud , voir en Afrique .

Bref , cela sent la fin de saison, même si quelques jeunes sternes retardataires me rappellent que de nombreux oiseaux ont profité, cette année,  de la saline pour élever leurs petits .

Les ardoises de la saline ne sont pas faites que pour les lecteurs  !

Si l’on fait le compte des oiseaux ayant niché sur la saline de Sarzeau : 55 couples d’avocettes qui totalisent au moins 60 jeunes à l’envol, 110 couples de sternes pierregarin avec un nombre de jeunes volants  approximatif de 150 a 200 , 18 cples d’échasses avec un résultat plus maigre suite aux prédation par le renard ( voir épisode précédent !) de 6 jeunes à l’envol , 4 cples de petit  gravelot avec au moins 3 jeunes à l’envol ( les autres le sont peut être mais n’ont pas été vus à l’envol ) et un cple de gravelot à collier interrompu avec 3 jeunes à l’envol  , 2 cples de chevalier gambette : un jeune volant vu , un cple de mouette rieuse  avec 3 jeunes volants , 7 jeunes volants de deux familles de tadornes , très nombreux jeunes colverts ( difficile à compter ) , plusieurs couples de bergeronnettes avec jeunes volants,  vus jeunes râles , foulques et gallinule poule d’eau et nombreuses rousserolles , cisticoles, linottes  ( nids et jeunes volants difficile à évaluer ) sans compter les oiseaux des haies bordant la saline ( fauvettes grisette, hypolais , mésanges , bruant zizi…) .C’est donc un réel succès pour cette zone anthropique qui n’abritait , avant la rénovation , que quelques oiseaux des haies en bordure de la saline !

Il est intéressant , suite à ces démonstrations pragmatiques,  de se souvenir de la tentative  de blocage du projet organisé par l’association » Bretagne vivante » en 2015 qui y voyait un risque d’appauvrissement de la zone ( alors même qu’elle reconnaissait la zone pauvre en biodiversité et l’intérêt de rétablir l’hydraulique )

pour finir , j’ai découvert des insectes très curieux , qui comme les abeilles mégachiles  ou les  halictes creusent des terriers dans mon argile : ce sont des larves de cicindèles que vous voyez :

Elles ont l’air féroce , gare aux insectes qui passent à portée de mandibules ! adultes ce seront de vrais petites prédatrices sur  mes petits ponts d’argile , c’est un peu les tigresses des insectes et elles sont très belles ! je vous les montrerai si j’arrive à les photographier car elles sont hypers rapides !

La saison n’est pas terminée , mais déjà je voulais remercier les visiteurs  » bipèdes » qui dans leur large majorité ont respecté le site ,  le paludier  et ont contribué à rendre le lieu si magique  .Tout cela m’encourage à améliorer le sentier « pédagogique », ce qui je vous l’avoue m’amuse grandement !

l’atelier argile a révélé de vrais artistes !

 

Avant la récolte !

Comme le titre l’indique, si aucun phénomène météo fâcheux venait à survenir, la récolte est pour ces prochains jours !

Je sais que les paludiers de Guérande récoltent déjà, mais les conditions climatiques et la salinité de l’eau ont toujours été meilleurs là bas , d’où l’abandon de la saliculture Morbihanaise au XIX ème siècle .

En attendant de voir les petits tas blancs, je voulait témoigner de l’avancée de mes petits protégés à plumes et à chitine !

Les sternes fabuleusement bruyantes rythment ma journée et de très nombreux jeunes ont déjà pris leur envol.Ils ne sont pas toujours facile à voir et à compter car ils aiment se cacher du soleil et des regards dans les arroches du littoral poussant sur les îlots

Pour ceux qui ont vu sur le sentier le nid de gravelot à collier interrompu et qui avaient des craintes quand au dérangement par les bipèdes , qu’ils sachent que toute la famille se portent bien et que l’intégralité de la portée grandit dans cet écrin salé :

Un des jeunes :

Découvert récemment, une portée de bergeronnettes grises ayant niché sous une de mes ardoises de mon sentier « pédagogique »:

parents nourrissant, remarquez la quantité de mouches apportée à leurs petits affamés !

et au bout de 15 jours les jeunes volant :

Bien sur,  il n’y a pas que les oiseaux qui animent le marais, cependant ils sont beaucoup plus discrets , telles ces mégachiles coupeuses de feuilles .

Elles sont assez fabuleuses de part leur méthode d’élevage !

Elles creusent,  tout d’abord,  un terrier dans l’argile

comme les petits abeilles halictes également présentes sur la saline .

 

Mais leur originalité vient du fait qu’elles coupent des feuilles ( ronces, rosiers,…) et après avoir creusé leurs  terriers/nids elles vont apporter ces morceaux de feuille découpés en rond avec lesquels elles vont constituer une sorte de cigare,  au centre duquel elle auront pondu un œuf .

L’introduction va très vite, alors une petite photo s’impose :

Abeille en vol avec sa feuille

et introduction dans le terrier de la feuille :

Ensuite elle remplira le « cigare » de pollen collé à son abdomen, afin de nourrir sa larve  :

Le monde des insectes est vraiment fascinant n’est ce pas !

pour la fin, petit coucou à mes abeilles butinant les fleurs du lotier corniculé , alors que la miellée prend fin et qu’elles devront attendre la floraison du lierre , fin août pour retrouver suffisamment de nectar pour faire des réserves hivernales .