L’histoire se répète !

Et oui nous voilà de nouveau confinés !

Ceux qui auront la chance d’être à moins de 10 km de la saline pourront néanmoins assister à un spectacle sans cesse renouvelé lui aussi : celui de la nature qui se réveille de sa torpeur hivernale. Pour les autres, je vous transmets quelques images de certaines scènes capturées, mais qui ne sont pas à la hauteur de ce à quoi  j’assiste quotidiennement .

Donc après un hiver riche en espèces hivernantes

qui m’ont aidé par leur présence,  à supporter les lourds travaux que j’avais entrepris : création, autour d’un des grands bassins,  d’un fossé « anti-prédation » de 800 m , large de 2 m et profond de la hauteur d’un renard  avec adjonction d’une clôture, tout cela  » à la main « .

Le printemps est arrivé et avec lui ses migrateurs :

parfois 2000 barges  ( merci à Michel  !) de plus en plus nombreuses et régulières sur la saline, ou la plus rare grande aigrette ;

Certains passent et d’autres viennent nicher :

Bien sur les mascottes des paludiers  sont arrivées  en nombre et toujours aussi bruyantes et caractérielles , ce sont  les avocettes (plus de 90 !)

Mais depuis le 1er avril des sternes pierregarin sont venues contrôler qu’elles pourront renouveler leur ponte cette année sur les grands ilots de la vasière. Avant elles  les plus discrets gravelots à colliers interrompu, toujours les même individus bagués de l’année dernière, sont arrivés aussi !

 

et les petits gravelots .

Egalement au rendez vous pour nicher sur la saline, le grèbe castagneux qui tire son nom, non pas de ses aptitudes à la castagne mais de ses couleurs rappelant une jolie châtaigne bien mure !

Tout au bonheur de l’observation de ces fabuleuses créations de la nature, je n’en oublie pas moins que mon salaire dépendra de ma récolte de sel !

J’ai donc bien entamé les travaux de nettoyage de la saline, appelés « habillage », qui consistent à retirer la vase sur les fonds d’argile des bassins et à refaire les petites levées de terre en leur déposant un peu de vase avec la lousse à ponter.

Tout cela à pieds nus !

Mais une action essentielle pour le paludier au début du printemps consiste à vider le grand bassin réservoir ( la vasière) chargé en eau de pluie de l’hiver et à le remplir aux grandes marées d’équinoxe avec de l’eau plus chargée en sel.

En présence de la pleine lune et merveilleusement éclairé par elle,  j’ai donc ouvert les trappes de vasière et dans cette eau chargée de sel et donc d’espoir, j’ai pu y voir une multitudes d’êtres minuscules .

Regardez par exemple les corrophies tourneurs ( corrophium volutator) appelés « bigots » par les paludiers et peu appréciés par certains car abîmant l’argile en y faisant des petits terriers en U .

 

ou la nymphe de la mer, j’ai nommé, le néreis  (dans la mythologie grec néréis est la déesse de la mer) :

Tous ces êtres sont à la base d’une chaîne alimentaire et c’est grâce à eux que le marais devient si riche en faune .

Tout est interrelié dans la nature et notre action peut avoir un rôle positif pour la biodiversité, regardez, les ardoises que j’ai installées dans le marais sont devenues des terrasses à lézard vert ou des murailles, qui rechargent leurs « batteries »  car l’ardoise noire capte et emmagasine la chaleur. J’ai pu constater que j’avais de nombreux lézards qui attiraient de plus en plus les faucons crécerelles !

 

J’essaie donc de laisser une trace positive !

 

 

 

 

 

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